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Khalid Saïdi : "nous travaillons pour permettre au cinéma marocain de bien se positionner sur l’échiquier mondial"

Entretien avec Khalid Saïdi, Directeur du Centre Cinématographique Marocain (CCM) par intérim.

L’avenir du Fonds d’aide à la production cinématographique nationale a été au centre de la première conférence de la 22ème édition du Festival national du film de Tanger. Khalid Saïdi nous livre dans cette interview sa vision pour le rayonnement du cinéma marocain.

Le Festival national du film de Tanger est de retour après deux ans d’absence à cause de l’épidémie du Covid-19. Quel est votre ressenti?
D’abord, c’est une occasion de se retrouver après deux ans d’arrêt. Nous sommes très contents de nous réunir encore une fois autour du festival national du film dans une édition transitoire. Cette édition est surtout caractérisée par la programmation de tous les films, longs métrages, courts métrages et documentaires qui ont été produits au cours des trois dernières années. En plus de cela, nous avons l’honneur et la joie d’accueillir des jeunes étudiants dans le domaine du cinéma et surtout des jeunes étudiants du domaine de l’information et de la communication qui vont vivre avec nous le Festival, et qui vont être les porteurs de bonnes idées et de bons messages pour le futur.

Par quoi se distingue cette 22ème édition?
Premièrement, la reprise de ce festival après 2 années de rupture est en soi un succès. Comme vous le savez bien, la crise sanitaire nous a obligés à annuler toutes les manifestations culturelles et cinématographiques. De ce fait, l’organisation de cette édition est un grand accomplissement. D’un autre côté, cette édition connait plusieurs caractéristiques. Le comité d’organisation a pris la décision que toutes les productions cinématographiques des deux dernières années soient programmées pour la 22ème édition. Au final, nous nous sommes retrouvés avec 105 films longs métrages, documentaires et courts métrages qui vont être projetés dans quatre salles de cinéma durant les 9 jours que dure le Festival.

Comment évaluez-vous la production cinématographique marocaine?
Personne ne peut nier l’évolution du cinéma marocain durant les cinquante dernières années. Aujourd’hui, malgré quelques faiblesses, il y a des acquis certains. Nous travaillons avec M. le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication à mettre en place une stratégie volontariste qui permettra au cinéma marocain de bien se positionner sur l’échiquier mondial.

Le Fonds d’aide a inauguré la série des conférences et débats de cette 22ème édition. Quelle importance revêt cette thématique pour vous?
Nous avons entamé les activités parallèles du festival par une première conférence dont le thème tourne autour de l’avenir du Fonds d’aide à la production cinématographique au Maroc. C’est un chantier structurant et structurel qui a fait couler beaucoup d’encre récemment. Ce Fonds, comme vous le savez, accorde aux producteurs et aux réalisateurs des subventions sous forme d’avances sur recettes. Sauf qu’actuellement, tous les intervenants sont quasi unanimes à penser que ce système a atteint ses limites et a besoin d’une profonde réforme. Au Centre Cinématographique Marocain (CCM), nous espérons que les travaux de cette conférence aboutiront, ou du moins contribueront, à une profusion de propositions concrètes pour réformer le cadre réglementaire de ce dispositif et avoir une visibilité sur le moyen et le long termes.

En votre qualité de directeur du Centre Cinématographique Marocain, quelle vision avez-vous pour le cinéma marocain?
L’objectif du CCM est d’instaurer un climat de confiance et de dialogue avec et entre les professionnels. On ne peut pas entreprendre des réformes structurelles et structurantes sans une écoute attentive des professionnels. C’est au CCM de faire converger leurs différents avis. A moyen et à long termes, il faut qu’on ait une politique publique claire en matière de développement du cinéma. Tout le monde connait le rôle du cinéma dans le rayonnement international, diplomatique et culturel du Maroc. J’insiste donc sur le fait que l’implication de tous les intervenants s’opère dans un climat de confiance, de sincérité et d’implication réelle.

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