Trois questions à Khalid Naili, chargé de mission auprès de la direction générale de la MDJS

Khalid Naili : Jusqu'à 50% des paris faits au Maroc seraient illégaux


En quoi la convention de Macolin est-elle un enjeu important pour le Maroc?
L’enjeu est double. D’une part, car il engage le pays signataire à lutter contre la manipulation des compétitions. L’intégrité du sport doit être préservée. Du moment où cette intégrité est violée, l’intérêt du sport se trouve ébranlé. C’est aussi un signe important pour le Maroc, dans la mesure où nous nous apprêtons à accueillir des compétitions majeures, notamment la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de 2025 et la Coupe du monde de 2030.

L’autre aspect est celui de la lutte contre le pari illégal. Il faut savoir qu’au Maroc, seule la MDJS a la licence pour encadrer les paris sportifs. De ce point de vue, toute autre entité qui proposerait ce genre d’offre est considérée de facto comme illégale. De ce fait, il convient de mettre en place l’ensemble des moyens à la disposition de notre pays afin d’empêcher cette offre illicite. De plus, l’ensemble des gains que la MDJS récolte sont redistribués au Fond national pour le développement du sport. La MDJS protège également ses joueurs des risques d’addictions.


A combien est estimé le marché du pari sportif illégal au Maroc?
Il n’y a pas véritablement de moyens pour mesurer ce marché en raison du manque de transparence des acteurs du pari sportif illégal. Cependant, on estime que l’on perd 50% du poids du marché, lequel s’évaderait dans les mains de ses opérateurs illégaux.

Le Maroc est le seul pays africain à avoir signé la convention de Macolin. Comment le Royaume est-il devenu pionnier dans ce secteur?
Il faut remettre du crédit à Younes Mechrafi, le directeur général de la MDJS, qui a toujours été engagé dans la lutte contre la manipulation des compétitions, bien avant même la signature de cette convention. M. Mechrafi a été membre créateur de GLMS qui est devenue ULIS, une plateforme de contrôle des paris irréguliers. C’est donc naturellement que nous avons intégré en 2019 le groupe de Copenhague -le groupe consultatif du comité de suivi de la convention de Macolin- avant de militer pour que le Maroc devienne signataire de ce mécanisme.

La protection de nos joueurs ainsi que la lutte contre les paris illégaux a toujours été au coeur de nos préoccupations. Il s’agit donc d’un cheminement naturel jusqu’à la signature de cet instrument juridique.

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