Kamal Oudrhiri, le plus "martien" des Marocains

PORTRAIT

Kamal Oudrhiri figure aujourd’hui parmi les chercheurs les plus éminents de l’agence spatiale américaine NASA, détenant plus d’une quarantaine de prix d’excellence, faisant de lui l’une des personnes les plus distinguées par la NASA au cours des 20 dernières années

La planète Mars n’a plus de secret pour Kamal Oudrhiri. Ce Marocain natif de Fès enchaîne depuis plus de 25 ans les missions d’exploration de la planète rouge au sein de la NASA, la National Aeronautics and Space Administration. Avec «Perseverance Mars 2020», il en est à sa huitième mission sur Mars et son cinquième atterrissage. «J’ai précédemment travaillé sur l’entrée en orbite, la descente et l’atterrissage des rovers Spirit, Opportunity, Curiosity et In- Sight Lander», avait-il déclaré à l’agence MAP avant l’atterrissage du rover Perseverance sur Mars, le jeudi 18 février 2020, après un périple de sept mois.

En tant que responsable de l’équipe scientifique Radio pour Perseverance, le rôle de Kamal Oudrhiri a été de soutenir les activités critiques pendant l’atterrissage et la phase scientifique. Il était également responsable de la formation et du transfert de ses connaissances techniques aux membres de l’équipe. Comme le nom de sa dernière mission, Oudrhiri a fait preuve d’une persévérance sans faille pour figurer aujourd’hui parmi les chercheurs les plus éminents de l’agence spatiale américaine NASA, détenant plus d’une quarantaine de prix d’excellence, faisant de lui l’une des personnes les plus distinguées par la NASA au cours des 20 dernières années.

Depuis son jeune âge, Oudrhiri rêvait et s’intéressait aux planètes, galaxies et tout ce qui se rapporte à l’univers. Le bac en poche, notre jeune quitte Fès pour Los Angeles à la fin des années 1980 pour poursuivre ses études supérieures en communications à l’Université de Californie du Sud. Il arrive aux Etats-Unis avec un seul rêve, travailler pour le compte de la plus grande agence spatiale du monde, la NASA.

Chose faite. Brillant étudiant et génie dans son domaine, les télécommunications, Oudrhiri réalise l’impensable. En 1993, il fait partie des 6 sélectionnés parmi 5.000 candidats par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena, l’un des plus importants centres de recherche de la NASA. Un recrutement extrêmement sélectif. Depuis, les succès s’enchaînent pour notre jeune prodige. En 2012, c’est la consécration de toute une carrière de plus de 20 ans. Kamal Oudrhiri supervise en personne l’une des missions les plus stratégiques dans l’exploration de la planète Mars en réussissant l’atterrissage du robot «Curiosity».

La consécration de toute une carrière
En 2020, notre «martien» national reçoit le prix le plus prestigieux dans le domaine des sciences et de la technologie spatiale. L’American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA) lui a attribué cette distinction très convoitée pour avoir développé et livré, pour le compte de la NASA, le très innovant «Cold Atom Laboratory» à l’Agence spatiale internationale. Rien qu’en 2019, Oudrirhi a reçu pas moins de 6 prix de la part de la NASA, à commencer par la prestigieuse Médaille du service exceptionnel.

Il a également reçu 5 prix d’excellence par équipes grâce à ses contributions dans les missions du laboratoire des atomes refroidis, InSight sur Mars, MAVEN, MarCO et New Horizons Ultima Thule, le premier survol de la Ceinture de Kuiper (KBO), une terre inexplorée située à plus d’un milliard de kilomètres de Pluton. Mais la plus grande distinction pour Oudrhiri, qu’il rappelle assez souvent et fièrement, c’est sa décoration par le Roi Mohammed VI du Wissam Al Arch à l’occasion de la fête du Trône en 2012.

Les 10.000 kilomètres qui séparent Los Angeles à son pays natal, n’ont pas empêché Kamal Oudrhiri de militer pour la promotion de la science et la technologie chez les jeunes Marocains. Il anime souvent des conférences et événements scientifiques au Maroc. En 2003, il crée l’association Grove of Hope (Pépinière de l’espoir), dont la mission est la promotion, la sensibilisation et la vulgarisation de la connaissance scientifique au Maroc. Ses activités ne se limitent pas qu’au Maroc, mais ont touché également les jeunes du Sénégal, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Mauritanie. Son rêve ultime : la création d’une Cité des Sciences à Casablanca.