Le cri de la Kabylie pour la liberté résonne à Paris

Grande manifestation des Kabyles dans la capitale française


Tels les tambours d’une révolte pacifique, les pas de près de 10 000 personnes ont résonné dans les artères de la Ville Lumière, brandissant fièrement l’étendard de l’indépendance de la Kabylie.

Les manifestants, d’une ferveur inébranlable, ont clamé haut et fort leur opposition au régime militaire algérien et sa répression des militants pacifistes. Initiée par le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), cette marche répond à la condamnation à mort de son leader Ferhat Mhenni et de 49 autres dirigeants, dont Bouaziz Ait-Chebib, Lounes Hamzi, Farid Ahmed Said et Kamira Nait Sid. Ces derniers, accusés de défendre l’autodétermination de la Kabylie, ont été condamnés à des peines de prison allant de deux à six ans.

D’autres, tels que Jughurta Louerguioui, ont été jugés et condamnés à perpétuité malgré leur décès. La répression ne s’arrête pas là : le régime algérien a classé le MAK comme organisation terroriste, entrainant l’incarcération de dizaines de sympathisants en Kabylie. Ces événements tragiques ont provoqué l’indignation des manifestants, qui ont arpenté les pavés parisiens de la Bastille à la Nation.

Leurs voix s’élevaient en un choeur puissant, scandant « Libérez les prisonniers politiques ! » et « La Kabylie n’est pas à vendre ! ». En effet, le collectif « Action pour la Kabylie » a orchestré cette marche afin de dénoncer l’arbitraire, la répression et la violence de l’État algérien envers la Kabylie. Les organisateurs réclament la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion, la cessation de toute forme de harcèlement et l’annulation des condamnations à mort de 54 citoyens Kabyles. La Kabylie subit un acharnement sans précédent de la part de l’État algérien, semant la terreur parmi les citoyens, annonce un communiqué publié par le Mouvement auparavant.

Solidarité des manifestants
Cette marche, ignorée par les médias français pro-establishment, soulève néanmoins des questions sur la connivence entre Paris et Alger. D’ailleurs, le rapport sur le terrorisme du département d’État américain de 2021, publié il y’a une semaine, met en lumière le fait que les États-Unis considèrent les désignations du MAK et du mouvement islamiste Rachad comme organisations terroristes comme étant davantage motivées par des considérations politiques que sécuritaires. Les procès intentés par le régime algérien sont donc jugés infondés et les condamnations prononcées doivent être abrogées.

La marche s’est déroulée dans le calme, sous la surveillance des forces de l’ordre, démontrant la solidarité des manifestants avec le peuple kabyle et leur détermination à poursuivre leur lutte pacifique pour l’indépendance. Ce rassemblement, autorisé par les autorités françaises, pourrait attiser la colère des autorités algériennes, qui n’ont pas encore digéré l’exfiltration de la journaliste franco-algérienne Amira Bouraoui par les services français depuis la Tunisie.

D’ailleurs, au-delà des enjeux politiques, cette marche met en lumière la profonde aspiration des Kabyles à la liberté et à l’autodétermination. Dans les rues de Paris, leur voix s’est élevée comme un cri de résistance face à l’oppression, un appel à la solidarité internationale.

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