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La justice française innocentera-t-elle le célèbre jardinier marocain?

Du nouveau dans l'affaire Omar Raddad

Le 15 septembre 2022, la Cour de cassation française se prononcera en faveur ou non d’une révision du procès Omar Raddad. C’est la sortie récente du livre “Ministère de l’injustice”, écrit par Jean-Michel Décugis, un journaliste du Parisien, où sont rapportés de nouveaux éléments liés à l’affaire, qui a déclenché cette procédure de révision.

L’avocate française Sylvie Noachovitch ne cache pas sa joie de voir le procès de son client, le célèbre Omar Raddad, condamné en 1994 à 18 ans de prison pour le meurtre de son employeuse, Ghislaine Marchal, prendre le chemin d’une révision judiciaire à la Cour de cassation française. Bien que la décision de révision ne soit pas encore officiellement prononcée puisqu’il faut attendre le 15 septembre 2022 pour le savoir selon une annonce faite par le président de la commission des enquêtes d’instructions.

Mais, pour cette avocate inscrite au barreau de Paris, «la justice française prend là un tournant historique pour réparer une énorme injustice infligée à son client, qui cherche, avant tout, à établir son innocence, près de 30 ans après la survenance des faits». Gracié mais sans jamais être innocenté, l’ancien jardinier marocain plaide toujours son innocence et attend que justice lui soit rendue, dans l’une des affaires criminelles les plus célèbres et les plus controversées de France.

Enquête parallèle
N’ayant jamais cessé de nier son implication dans ce meurtre, Omar Raddad, épaulé par sa défense, a multiplié les batailles judiciaires en vue d’établir finalement la vérité, dans une affaire qui vient de connaitre de nouveaux rebondissements. Maître Sylvie Noachovitch fonde désormais ses espoirs sur un nouvel élément choc révélé dans un livre récent, Ministère de l’injustice, écrit par un journaliste du Parisien, Jean-Michel Décugis, qui vient de paraître en France en avril 2022 aux éditions Grasset.

L’ouvrage est une plongée remarquable dans les coulisses des plus grandes affaires judiciaires de ces dernières années en France. Le livre dévoile ainsi pour l’affaire Omar Raddad une piste cachée qui a révélé l’existence d’une enquête menée entre 2002 et 2004 par des gendarmes distincts de ceux qui ont effectué l’enquête initiale et qui aurait probablement innocenté l’ancien jardinier marocain, mais qui a été mystérieusement interrompue. Selon toute vraisemblance, c’est une piste non exploitée, et aux conséquences potentiellement énormes.

Entre 2002 et 2004, une enquête était menée par des gendarmes en lien avec le procureur de Grasse, sur la base du témoignage d’une source, à la fiabilité confirmée, se disant tourmentée de savoir Omar Raddad condamné. Selon celle-ci, le meurtre de Ghislaine Marchal était en fait le résultat d’un cambriolage ayant mal tourné alors que des procès-verbaux dans cette procédure évoquent clairement une possibilité d’innocenter Omar Raddad.

Deux frères, l’un d’eux détenu dans une autre affaire pour tentative de meurtre, sont même identifiés comme suspects, mais d’après l’auteur du livre, aucune réponse ne fut donnée aux demandes des enquêteurs, et le dossier fut clos étrangement.

Le livre évoque également des pressions notamment d’un général de gendarmerie, pour la clôture de la procédure. Cette piste s’est ainsi invitée dans les débats devant la commission des enquêtes d’instruction, qui instruit la requête en révision du procès.

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