Affaire Brahim Ghali: La justice Espagnole fait (enfin) un premier pas

Alors que le gouvernement Sanchez avait cherché à le protéger des poursuites dont il fait l’objet, le leader séparatiste pourrait peut-être bientôt être jugé pour tous les crimes qu’il a commis.

La justice espagnole s’est donc enfin décidée à se bouger à l’encontre du secrétaire général du mouvement séparatiste du Front Polisario, Brahim Ghali, admis sans être inquiété depuis le 21 avril 2021 dans un hôpital de la voisine du nord en dépit des poursuites pour crimes contre l’humanité, tortures, génocide et séquestration dont il y fait l’objet depuis novembre 2016. Une des nombreuses victimes de ces crimes, à savoir le militant des droits humains Fadel Breika, l’a confié dans la soirée du 3 mai 2021 à l’agence Maghreb arabe presse (MAP), après avoir été notifié que M. Ghali avait été invité à comparaître ce 5 mai 2021 devant les tribunaux ibériques. “Je réclame que justice soit rendue à toutes les victimes des atrocités du Polisario,” a commenté, à ce propos, M. Breika.

Ce dernier avait, comme il l’a rappelé dans ses déclarations à la MAP, “été enlevé pendant presque cinq mois (du 18 juin au 10 novembre 2019, ndlr) et torturé dans les geôles des camps [des réfugiés]de Tindouf pour la simple raison d’avoir réclamé la lumière sur le sort [de l’opposant] Ahmed Khalid, kidnappé par les services secrets algériens depuis janvier 2019”.

Pot-aux-roses
M. Breika a également fait mention du travail qu’il a fait pour exposer “sur les réseaux sociaux l’enrôlement d’enfants soldats par le Front Polisario et les actes violents de ses dirigeants”. Pour ainsi dire, l’étau est en train d’être resserré autour de M. Ghali, qui avait bien cru pouvoir passer entre les mailles des juges en usant d’une fausse identité diplomatique algérienne, et ce avec la complicité du gouvernement Pedro Sanchez, pour faire son entrée en Espagne. À cet égard, la ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez, avait invoqué dans une déclaration en date du 23 avril 2021 à l’Agence Maghreb arabe presse (MAP) des “raisons strictement humanitaires”, après que le pot-aux-roses fut révélé.

Ce qui, pour l’heure, ne convainc ni les victimes de M. Ghali, parmi lesquelles on peut citer outre M. Breika la jeune Khadijatou Mahmoud, violé en 2010 à Tindouf par le concerné, ni encore moins le Maroc, dans la mesure où le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, s’est posé la question de savoir si Madrid “désir[ait] sacrifier sa relation avec le [Royaume] pour” le chef du Polisario.

Au niveau du parlement européen, on a également vu par exemple le député Tomas Zdechovsky se poser le 1er mai 2021 sur le réseau social Twitter la question de savoir “comment est-il possible que les autorités espagnoles autorisent l’entrée illégale avec une fausse identité d’une personne comme Brahim Ghali, accusé d’avoir commis des actes de viol”, taxant cela [d’aller] à l’encontre de nos valeurs et de nos principes”. L’Exécutif espagnol va-t-il donc se résoudre à ne plus entraver la procédure judiciaire et laisser les victimes de M. Ghali enfin pouvoir avoir gain de cause?.