Journée mondiale sans tabac

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Le Maroc, ce mauvais élève


Alors que le monde célèbre sa journée sans tabac, le Maroc se  présente comme un très mauvais élève. En effet, malgré la  pression exercée par le tissu associatif, la loi 15-91, daté du 26 juin  1995, qui interdit de fumer dans les lieux publics et de faire la publicité de  la cigarette n’est toujours pas appliquée. D’autant plus que le texte est  loin d’être dissuasif en soi, puisqu’il impose, entre autre, une insignifiante  amende de 100 dirhams contre les personnes fumant dans les transports  en commun, hôpitaux, bureaux administratifs, etc. Egalement, le Maroc  est l’un des rares pays dans le monde, et le seul dans la région du Nord  Afrique et Moyen-Orient (MENA), n’ayant pas encore ratifié la Conventioncadre  de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte anti-tabac  (CCLT), alors qu’il l’a signée le 16 avril 2014.


Sur un autre plan, l’Alliance nationale de lutte contre les drogues estime  que le Maroc compte sept millions de fumeurs, dont 500.000 mineurs. Ces  données alarmantes ont poussé cet organisme à appeler, une nouvelle  fois, à la mise en application de la loi 15-91, qui interdit également la  vente de cigarettes aux mineurs.  Cette amplification inquiétante du tabagisme dans le royaume a même  donné lieu à des pétitions adressées au ministère de la Santé, afin de le  pousser à appliquer la loi.


Le dernier appel, lancé sur le célèbre site Avaaz,  date du 9 mars 2015, mais n’a pu attiré que 1.177 signataires, ce qui  montre que la guerre contre le tabagisme est loin d’être gagnée. En tout  cas, les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), indiquent  que chaque année, le tabac tue plus de cinq millions de personnes dans  le monde, soit plus que le Sida, la tuberculose et le paludisme réunis.  Tandis que le tabagisme passif, qui devrait être éradiqué en principe par  la loi 15-91, serait responsable de 600.000 décès prématurés par an, parmi  lesquels une grande partie d’enfants (31%).


Hormis ses graves conséquences sur la santé, le tabac représente un large  coût à la société: dépenses directes (traitements médicaux) et indirectes,  comme celles liées à la baisse de la productivité ou à la perte de gains  en lien avec le décès ou la maladie