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Journée mondiale de l'Alzheimer : Focus sur une pathologie incurable

Au Maroc, le nombre de personnes atteintes d’Alzheimer et de démence est estimé à 200.000. Un chiffre qui devrait atteindre 400.000 cas en 2050.

L’Alzheimer a toujours la vie dure au Maroc. Et ce sont les personnes âgées qui en pâtissent grandement. D’après le Pr. Mustapha El Alaoui Faris, professeur de neurologie et de neuropsychologie et président de l’association Maroc Alzheimer, le nombre de personnes atteintes d’Alzheimer et de démence est estimé à 200.000 dans le Royaume. Un chiffre qui devrait atteindre 280.000 cas en 2030 et 400.000 cas en 2050. Au niveau mondial, les statistiques ne sont guère plus reluisantes. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 55 millions de personnes souffrent de démence, et cette pathologie représente 60 à 70% de cas dans les pays en développement. Plus de 60% vivent dans des pays développés. Pis, à en croire l’institution onusienne, le nombre de patients devrait être multiplié par trois d’ici 2050, à cause de la croissance des cas dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Depuis de nombreuses années, cette maladie incurable demeure un véritable cassetête pour les chercheurs et scientifiques du monde. Ce que l’on sait, c’est qu’elle touche principalement les personnes âgées de plus de 75 ans qui représentent 80% des patients. Les oublis répétés, les problèmes d’orientation, les troubles des fonctions exécutives (projeter, organiser, ordonner dans le temps, avoir des pensées abstraites) ou encore les troubles du langage sont les symptômes les plus répandus. «La maladie d’Alzheimer évolue en plusieurs stades qui peuvent s’étaler sur 10 ou 15 ans, à savoir: le stade prédémentiel ou prodromal, le stade 1: démence légère, le stade 2: démence modérée et le stade 3: démence sévère. Lors du stade prodromal, le malade ne présente que des troubles de mémoire avec des oublis des faits récents, mais il reste autonome pour les activités de la vie quotidienne. C’est à ce stade que le diagnostic doit être fait pour pouvoir ralentir l’évolution de la maladie», explique Pr. El Alaoui, par ailleurs directeur du Centre Alzheimer de Rabat.

Traitements
L’autre constat, et pas des moindres, c’est la prédominance des femmes dans le lot des victimes. Selon l’OMS, elles représentent 65% des personnes touchées dans le monde. «Les femmes sont plus atteintes de la maladie d’Alzheimer pour au moins deux raisons: elles vivent plus longtemps que les hommes et en raison de prédispositions biologiques hormonales», confirme Pr. El Alaoui.

A défaut de remède définitif, les scientifiques ont tout de même pu mettre en place des traitements médicamenteux qui pourraient alléger la souffrance des patients et celle de leurs proches qui veillent sur eux. D’après le Pr. El Alaoui, il existe deux types de médicaments spécifiques dans le traitement de à la maladie d’Alzheimer: les inhibiteurs de la cholinestérase (Donépézil, Rivastigmine, Galantamine), qui sont utilisés dans les stades 1 et 2 de la maladie, et la Mémantine, qui est utilisé dans le stade 3. Toutefois, «ce médicament reste modeste, il faut donc les associer et recourir à la prise en charge globale non-médicamenteuse, notamment la stimulation cognitive, la rééducation de la mémoire, du langage et de l’attention», souligne-t-il.

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