Le journal Assabah paie les pots cassés

Procès Khalil Hachimi Idrissi contre Abdellah Bekkali

Le président du SNPM nie avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre du DG de la MAP. Il a été innocenté par le tribunal de première instance de Casablanca. M. Hachimi Idrissi compte faire appel.

Il a fallu deux ans de procédures et douze audiences pour que le tribunal de première instance de Casablanca rende son jugement relatif à l’affaire opposant Khalil Hachimi Idrissi, DG de l’agence Maghreb Arabe Presse, d’une part, à Abdellah Bekkali, président du SNPM (Syndicat national de la presse marocaine), Abdelmounaim Dilami, directeur de la publication du quotidien Assabah, et Mokhtar Ramchi, correspondant à Tanger du même journal, , d’autre part.

Tout a commencé le 9 mai 2019 quand Assabah publie un compte-rendu d’une conférence donnée par M. Bekkali à Tanger. Mokhtar Ramchi, le journaliste auteur de l’article, rapporte des propos de M. Bekkali où il aurait accusé Khalil Hachimi Idrissi de dilapidation de deniers publics, entre autres. Il n’en fallait pas plus pour que ce dernier porte plainte. D’abord devant le tribunal de première instance de Rabat contre MM. Bekkali et Ramchi, le 27 juin 2019. Le tribunal décide, le 14 janvier 2020, de rejeter la plainte pour vices de forme, le directeur de la publication du journal n’étant pas cité notamment. Une deuxième plainte est alors déposée à Casablanca contre les trois. Ce n’est que le 5 juillet 2021 que le verdict est tombé: Abdellah Bekkali est innocenté alors que MM. Dilami et Ramchi sont condamnés pour diffamation à une amende de 10.000 dirhams chacun et 1.000 dirhams chacun au titre des dommages profit du plaignant.

Faire éclater la vérité
«Je compte faire appel de ce jugement même si sur le fond j’ai été rétabli dans mes droits. Les propos diffamatoires publiés à mon endroit se sont avérés faux. Celui qui les avait proférés les a niés…», déclare à MHI, Khalil Hachimi Idrissi.

Quant à Abdellah Bekkali, il a déclaré à MHI: «J’ai été innocenté pour la simple raison que je ne suis ni le directeur de la publication du journal, ni le journaliste auteur de l’article incriminé… Le juge a estimé que je n’avais rien à avoir dans ce procès… Devant le tribunal, j’ai dit que j’avais donné une conférence à Tanger sur la situation de la presse au Maroc. J’avais parlé presque une heure où j’avais évoqué diverses questions comme la gouvernance, le mécanisme d’audit des médias publics, la liberté de la presse… Le journaliste qui a écrit l’article a choisi trois ou quatre phrases et les a placées hors de leur contexte et qui ont donné un sens que je ne peux ni cautionner ni prendre à mon compte…».

Ce n’est pas la version des faits que défend M. Dilami, contacté par nos soins. «Je ne sais pas comment réagir ou quoi dire. Notre journaliste a fait un reportage consacré à la conférence de M. Bekkali à Tanger. La preuve, nous l’avons, c’est l’enregistrement. Mais M. Bekkali a tout nié en bloc. Je ne ferai pas appel, puisque le journal a été condamné à payer les frais d’un problème entre MM. Hachimi Idrisssi et Bekkali. C’est dommage. » Même son de cloche de la part de Mokhtar Ramchi. Toujours est-il le dernier mot n’a pas encore été dit dans cette affaire.

N.J