Ils font l'actu n°1 : Josh Harris, le médiateur


Envoyé en missi dominici à Alger et Rabat pour aider les deux capitales maghrébines à trouver un terrain d’entente sur le différend autour du Sahara marocain, le diplomate américain s’est fait depuis belle lurette. Une réputation de pro des dossiers.

Dans le cénacle arabe et en particulier maghrébin, Joshua Harris ne fait sans doute partie des diplomates américains les plus connus. Mais au niveau de Foggy Bottom, où le département d’Etat des Etats-Unis dispose de son siège à Washington, l’histoire est totalement différente. Directeur depuis juillet 2022 du bureau des Affaires proches orientales US, le jeune quadra est connu, sur les rives du Potomac, comme un homme de dossiers. Et ce n’est donc pas une surprise que ce soit lui que le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, ait dépêché en Algérie puis au Maroc pour essayer de trouver un terrain d’entente entre les deux pays au sujet du différend autour du Sahara marocain. Au cours de son périple maghrébin, annoncé de façon très discrète par le département d’Etat, M. Harris s’est notamment personnellement rendu dans les camps de Tindouf, dans la voisine de l’Est, où le Front Polisario maintient depuis près de 48 ans son siège.

Aucune photo n’est venue par la suite illustrer, dans les colonnes des médias, ce déplacement, ni même d’ailleurs de déclarations, mais ce que l’on sait de la réaction au vitriol du mouvement séparatiste, rendu publique par la voix de son agence de presse “Sahara presse service”, c’est que le diplomate a appelé ses visà- vis à faire davantage preuve de “réalisme”. Ce qui, quand on connaît l’utilisation historique de ce vocable dans le contexte afférent, s’entend très bien par le fait d’accepter la proposition posée depuis avril 2007 par le Maroc d’une autonomie élargie dans le cadre d’une souveraineté nationale assurée par le Royaume.

Ce 7 septembre 2023, M. Harris a également eu des entretiens individuels avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avec au menu des discussions, selon les différentes sources consultées par nos soins, un résumé de la visite effectuée de l’autre rive de l’oued Kiss, et éventuellement un plan de route pour faire sortir le Maghreb du blocage dans lequel il se trouve, politique si l’on se tient aux relations entre le Maroc et l’Algérie, mais aussi institutionnel du fait du gel depuis pratiquement trois décennies des institutions relevant de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

Plan de route
Devant les journalistes, M. Harris en a de nouveau profité pour défendre la position de son pays en faveur du plan d’autonomie. Diplômé de l’Université de Georgetown, où il a été récipiendaire, en 2002, d’une licence en économie politique internationale, et ayant également fréquenté un an durant la London School of Economics (LSE) pour un master en politique économique européenne, M. Harris a notamment servi dans les antennes diplomatiques américaines à Tripoli et à Bagdad, mais aussi, par ailleurs, dans les Balkans, à Zagreb au tout début de sa carrière diplomatique puis à Ljubljana. En août 2017, on l’avait notamment vu prendre en main le bureau des Affaires maghrébines, qu’il avait occupé près de seize mois durant, avant de passer en tant que numéro 2 du secrétaire d’Etat américain en charge du Maghreb. Polyglotte, il parle parfaitement l’arabe et maîtrise différents de ses dialectes.

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