Johnson & Johnson se relance

VACCIN CONTRE LA COVID-19

En lançant, ce 23 septembre 2020, la troisième phase de tests pour son vaccin JNJ-78436735 contre la Covid-19, Johnson & Johnson s’est replacé dans une course dans laquelle plus de 149 projets sont actuellement en cours de développement.

La course au vaccin contre la Covid-19 continue. Ce 23 septembre, l’Américain Johnson & Johnson est devenu la septième entreprise pharmaceutique à passer à la troisième phase de tests, qui consiste à tester le vaccin en cours de développement sur plusieurs milliers de personnes -60.000 dans le cas de Johnson & Johnson- après s’être limité à un échantillon réduit au cours des deux premières phases.

Johnson & Johnson effectuera les tests pour son vaccin, qu’elle a baptisé du nom de JNJ-78436735, dans huit pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, les États- Unis, le Mexique et le Pérou, et, principale nouveauté, elle n’administrera aux volontaires ayant bien voulu participer qu’une seule dose, contre deux pour ses concurrents. Avec pour objectif donc, comme on peut l’imaginer, de rattraper ces derniers, dont certains ont plusieurs mois d’avance. Mais aussi, en même temps, de mettre aussi vite que possible, s’il s’avère efficace et sans effets secondaires, le JNJ-78436735 sur le marché. Cela peut-il, toutefois, suffire?

Générosité électorale
Le directeur scientifique de Johnson & Johnson, Paul Stoffels, estime que oui, et, dans des déclarations aux médias, il s’est dit “convaincu qu’une seule dose pourrait être très efficace”. Il a même promis, au passage, que le JNJ- 78436735 serait disponible aussitôt que début 2021. De quoi, surtout, arranger les affaires du président américain Donald Trump, dont une partie de la réélection, qui sera décidée le 3 novembre 2020 au scrutin prévu ce jour-là aux États-Unis, se jouera sur la question du vaccin contre la Covid-19.

À cet égard, il a alloué, au cours des derniers mois, quelque 10,79 milliards de dollars aux entreprises se trouvant dans la course, dans le cadre de l’opération Warp Speed à la tête de laquelle il avait pour l’anecdote nommé, le 15 mai, l’immunologue d’origine marocaine Moncef Slaoui. Sur ces 10,79 milliards de dollars, Johnson & Johnson avait obtenu, le 30 juillet, 456 millions de dollars, auxquels s’ajoutent un milliard de dollars que le Département de la Santé et des Services sociaux américain est prêt à débourser, à l’avenir, en échange de 100 millions de doses. La générosité de l’administration Trump avait aussi concerné, entre autres, les firmes américaines Moderna ainsi que Pfizer et BioNTech, en plus du britanno-suédois AstraZeneca, qui également se trouvent, actuellement, en phase III des tests pour leurs vaccins.

C’est avec AstraZeneca, par le truchement du groupe russe “R-Pharm”, que les autorités marocaines viennent de signer le 18 septembre un mémorandum en vue d’obtenir, éventuellement, des doses de son vaccin AZD1222, et le Maroc participe également, par ailleurs, depuis le 20 août aux tests du vaccin mis au point par Sinopharm, un des trois laboratoires chinois avec CanSinoBIO et Sinovac actuellement dans la course.

Dans des déclarations publiées le 3 septembre par l’agence de presse russe Sputnik, l’ambassadeur de Russie à Rabat, Valerian Shuvaev, avait en outre assuré que “les importateurs marocains ont manifesté leur intérêt pour la proposition russe de leur fournir le premier vaccin contre Covid-19 au monde”, à savoir Spoutnik V, mais les autorités marocaines n’ont ceci dit, à ce jour, jamais confirmé.


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