Joe Biden, 46ème président des États-Unis: Un homme de consensus

Le président élu américain a surtout pu capitaliser sur sa capacité à ratisser large et à adopter un discours d’unité.

Il y a quelques mois encore, personne ne donnait cher de la campagne de Joe Biden d’aboutir à son élection à la présidence des États-Unis. Au cours des premières primaires du Parti démocrate (PD), au nom duquel il s’apprête à s’installer le 20 janvier à la Maison-Blanche, l’ancien vice-président de Barack Obama perdait les États de l’Iowa et du New Hampshire, et le patron de presse et ancien maire de New York, Mike Bloomberg, voyait même là une brèche pour enlever à son nez et à sa barbe la nomination des “Dems” et pouvoir affronter Donald Trump à l’élection du 3 novembre.

Sauf que M. Biden avait, comme il l’a maintes fois prouvé depuis qu’il est entré en politique il y a près de cinquante ans, plus d’un tour dans son sac, et qu’il a rapidement su tourner la situation en sa faveur pour emporter même l’adhésion, au fur et à mesure, des “Justice Democrats”, ces éléments de son parti influencés par les idées social-démocrates de son adversaire à la nomination et sénateur de l’État du Vermont, Bernie Sanders.

Le fait que beaucoup d’Américains voulaient en finir avec M. Trump et ont davantage voté contre ce dernier plutôt que pour lui a, certes, grandement joué pour lui assurer la victoire, à l’heure où d’aucuns critiquent notamment l’administration sortante pour sa gestion approximative de la pandémie de Covid-19 -plus de 240.000 morts depuis le mois de mars-, mais le concerné a surtout, aussi, pu capitaliser sur sa capacité à ratisser large et à adopter un discours d’unité qu’il n’a pas manqué de ressortir dans le discours de la victoire qu’il a donné le 7 novembre à Wilmington, son fief dans l’État du Delaware (lire ailleurs). Résultat, il a pu, par exemple, restaurer le fameux “mur bleu” de la région du Midwest, qui comprend des États traditionnellement démocrates (dont la couleur est le bleu, d’où l’image du mur), mais qui, en 2016, avait voté contre Hillary Clinton et permis à la vague trumpiste de dévaler sur les États-Unis.

Drames familiaux
Un scénario que M. Trump, en particulier, semblait depuis un moment redouter, lui qui avait affublé, tout au long de la campagne, M. Biden du sobriquet de “Sleepy Joe”, c’est-àdire Joe le somnolent, à cause de son soi-disant manque d’énergie, mais avait surtout demandé en juillet 2019 au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de déclencher une enquête sur les affaires du fils du nouveau président élu, Hunter Biden, en Ukraine, ce qui avait failli lui coûter en février son poste de président -contrôlé par le Parti républicain (PR), dont il est issu, le Sénat n’avait finalement pas avalisé la procédure d’impeachment enclenchée par la Chambre des représentants, majoritairement démocrate.

Dans le privé, M. Biden reste surtout un homme marqué par de nombreux drames familiaux, avec notamment la mort de sa première femme, Neilia, et de sa fille Naomi dans un accident de voiture, quelques semaines après sa première élection au Congrès en tant que sénateur du Delaware en 1972, et, en 2015, le décès de son fils aîné, Beau, d’un cancer du cerveau. Né le 20 novembre 1942 à Scranton, dans l’État de Pennsylvanie, il devrait être, à 78 ans, le président le plus âgé de l’histoire des États-Unis.

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