Questions à Jean-Baptiste Andrea, réalisateur, scénariste et écrivain, récipiendaire du prix goncourt 2023

Jean-Baptiste Andrea : "J’aimerais bien qu’en France, on ait des salons comme le SIEL"


Comment avez-vous vécu votre première expérience au SIEL ?
Alors je suis très honoré de participer à ce salon. C’est un salon qui, pour moi, est très important parce qu’il est soutenu par l’État et j’aimerais bien qu’en France, on ait des salons comme ça, avec une implication des pouvoirs publics dans la promotion de la littérature. Je suis très heureux que les livres puissent voyager et qu’on puisse se parler des deux côtés de la Méditerranée. Je suis très méditerranéen. Je suis juste de l’autre côté à Cannes, et je suis très heureux d’être ici et de pouvoir parler de mon livre ici.

Parlez-nous du roman « Veiller sur elle » qui vous a valu le Prix Goncourt ?
C’est un livre qui parle de l’histoire de deux personnages qui n’auraient pas dû se rencontrer et qui se rencontrent malgré tout au début du XXe siècle en Italie, à la fin de la première guerre mondiale et leur histoire va se dérouler sur fond de montée des fascismes et de guerre. Il y a un mystère qui plane sur ce livre. C’est celui d’une oeuvre d’art qui a été créée par l’un deux.


Ce qui est caché aux yeux du public parce que celle-ci trouble beaucoup les gens qui la regardent. C’est l’expression de ma sensibilité à l’âme, à tout ce qu’on pourrait voir comme magique et invisible, mais aussi de difficile. J’ai eu la chance d’être récompensé par le prestigieux Prix Goncourt. J’ai la chance d’avoir côtoyé Tahar Ben Jelloun au SIEL, ce qui est un grand honneur pour moi. J’ai vécu une année assez merveilleuse avec ce livre.

En tant qu’ex-réalisateur, comment la littérature a-t-elle réussi à vous arracher au cinéma ?
Oui, la littérature m’a arraché au cinéma, qui, soit dit en passant, a été une très bonne école pour moi. J’y ai passé de très belles années. J’ai vécu des années difficiles mais dans l’ensemble, j’ai été chanceux.

J’ai réussi à faire de bons films, mais 20 ans après, j’ai senti que j’avais appris beaucoup de choses et que je n’étais pas en mesure de mettre beaucoup de ces choses en pratique. J’avais besoin de liberté pour créer et il n’y a que la littérature qui me l’a offerte. En littérature, on n’a pas besoin d’argent pour écrire une histoire. C’est pour cela que j’ai fait ce virage-là au début de l’année 2016. J’avais envie d’écrire un roman et cela m’a libéré. Cela m’a permis de m’envoler.

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