Jawad Chafadi : "Le boycott publicitaire nous a poussés à fermer Attajdid"

Jawad Chafadi, directeur de publication de l’hebdomadaire Attajdid

Fin de l’aventure pour l’hebdomadaire Attajdid et sa version numérique Jadidpress. Le média proche du Parti de la justice et du développement a annoncé, le 27 mars 2017, que son édition du 30 mars sera la dernière. Son directeur de publication, Jawad Chafadi explique à Maroc Hebdo les raisons de cette décision.

Quelles sont les raisons derrière la fermeture d’Attajdid ?

Depuis plusieurs mois, les annonceurs ne travaillaient plus avec nous comme c’était le cas avant. On a alors essayé de comprendre les raison de ce changement d’attitude mais on a pas reçu de réponse claire. Avant, on avait des contrats publicitaires, on participait à des campagnes publicitaires, on réalisait des dossiers pour générer des recettes publicitaires, mais depuis octobre 2016, on ne recevait plus rien. Silence radio.

Des contrats ont été annulés, et Attajdid a été retiré des campagnes de publicité. Les agences de communication proposent notre support aux annonceurs, mais notre journal se fait exclure de la liste des bénéficiaires par la suite. Quand on demande une explication à une agence, celle-ci nous affirme que cette exclusion est décidée par les annonceurs.

Avez-vous une explication de ces décisions de vous exclure ?

Cet arrêt des annonces a commencé à une période spéciale sur le plan politique (les élections législatives d’octobre 2016, ndlr). Le blocage politique qui venait de commencer s’est transformé en blocage ou boycott économique. Et puisque Attajdid est proche d’un certain courant politique (Parti de la justice et du développement, ndlr), il a été affecté par cette situation.

N’avez-vous pas demandé des explications aux annonceurs directement ?

On ne va supplier personne. On s’est déjà adressé à eux d’une manière parfaitement professionnelle, comme cela a toujours été le cas, mais sans feedback de leur part désormais. Dans tous les cas, nous sommes une entreprise, et les 32 employés d’Attajdid bénéficieront de tous leurs droits conformément aux lois en vigueur.

Le cas d’Attajdid ne risque pas d’ouvrir la porte à de futures décisions pareilles contre la presse marocaine ?

Le Maroc a réalisé des avancées importantes en matière de liberté d’expression, notamment depuis la montée de la presse indépendante à la fin des années 1990. Si elle est sérieusement respectée, cette liberté ne peut jamais être étouffée par la voie de la publicité. On a conclu notre communiqué annonçant l’arrêt d’Attajdid, par exprimer notre souhait de voir le professionnalisme prévaloir sur la scène médiatique nationale. Loin des divergences idéologiques, on espère que nos confrères ne seront jamais confortés au même scénario que notre journal.

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