Parcours de Jaafar Elalamy, entrepreneur Marocain en France

Le jeune innovateur qui voit grand

Le jeune entrepreneur marocain Jaafar Elalamy figure dans la liste des 30 personnalités de moins de 30 ans qui ont impacté l’année 2020 dans le secteur de l’entrepreneuriat et l’innovation en France, d’après le magazine Forbes France. Il revient sur son parcours entrepreneurial et ses projets.

La valeur n’attend point le nombre des années. Jaafar Elalamy en est une belle illustration. Le magazine Forbes France l’a désigné parmi les trente personnalités de moins de 30 ans «30under30», qui se sont le plus distinguées dans l’entrepreneuriat et l’innovation durant l’année écoulée. «J’ai été très agréablement surpris parce que je ne m’y attendais pas du tout. Cela m’a rappelé toutes mes expériences passées ainsi que tous les risques que j’ai pu prendre en tant qu’entrepreneur, les défis relevés, ainsi que tous les efforts fournis pour en arriver là. Cela me motive davantage et me procure plus d’énergie et de volonté pour m’épanouir dans le milieu entrepreneurial», nous confie-t-il sur un ton enthousiaste.

Un parcours entrepreneurial très riche pour le jeune entrepreneur marocain de 27 ans. Tout débute après son master «entrepreneuriat» à HEC. «J’ai lancé, avec un associé, ma première start-up, Peersup, qui permet d’améliorer la mobilité interne dans les entreprises, ainsi que la rétention des talents à travers une stratégie qui leur permettait d’exercer des tâches qui correspondaient à leurs compétences. Ce projet nous a permis d’intégrer la station F, le grand incubateur de Xavier Niel», se rappelle-t-il.

Une passion entrepreneuriale
Il cède ses parts à son associé et lance une nouvelle entreprise, Bonapart, qui permet aux personnes sans garantie de disposer d’une caution pour leur appartement. «Mon associé et moi avions créé cette société après avoir rencontré les plus grands investisseurs de la Sillicon Valley, des investisseurs en capital-risque et des avocats, et fondateurs Airbnb et Apple». Visiblement, le jeune innovateur n’est jamais à court d’idées.

Il quitte la boîte en 2018 pour créer Street- 4Fit, une entreprise à impact social qui permet aux sportifs de haut niveau de faire du sport dans les entreprises. «On permet à ces derniers qui n’ont pas les moyens de se payer un diplôme de coach de vivre de leur passion et permettre aux entreprises d’intégrer de la qualité de vie au travail, du sport, du coaching mental. On ramenait aussi d’anciens champions du monde en sport de combat ou en athlétisme qui venaient expliquer aux comités exécutifs des notions de développement personnel comme le mental de vainqueur». Cette entité s’est aujourd’hui reconvertie en association et poursuit ses activités, nous dit-il.

Un an plus tard, plus précisément en juillet 2019, il intègre, en tant que directeur scientifique et technique (CTO), l’entreprise Adriver, qui mesure les audiences publicitaires à travers le concept Out of Home (OOH). «On a breveté un cadre en aluminium qu’on fixe à l’arrière des camions et dans lesquels on glisse des publicités pour les annonceurs pendant un mois environ. On croise les itinéraires des camions avec le flux de déplacement des populations pour connaitre le nombre de vues, le taux de mémoration et d’attention, la couverture géographique, etc. et nous les transmettons à nos clients entreprises », indique-t-il.

La société rémunère les entreprises, qui mettent à sa disposition 50.000 camions géolocalisés mais également les chauffeurs de VTC comme Uber. «Adriver paie ces chauffeurs chaque mois pour la diffusion de stickers et autocollants sur leurs véhicules. Nous avons récemment lancé une campagne à Paris sur 100 véhicules». Son objectif: exporter ces services en Italie et en Allemagne en 2022, et sur d’autres continents, notamment en Afrique en 2023.

Accompagner les start-ups
Cette passion pour l’entrepreneuriat, il l’a héritée de ses parents. Son père est un agriculteur qui s’active dans la culture et la production d’huile, tandis que sa mère, coach et experte en Programmation neuro- linguistique (PNL), fut Directrice marketing et DG adjoint d’une grande entreprise au Maroc. «J’ai grandi et baigné dans un environnement entrepreneurial. Cela m’a motivé à entreprendre et à développer mes ambitions. Mes deux parents m’ont beaucoup inspiré», confirme-t-il. Cette fibre pour l’international, il l’avait déjà attrapée à l’adolescence. «Je suis né et j’ai grandi à Marrakech.

J’ai fait le baccalauréat S au lycée Victor Hugo. J’ai très vite eu une appétence pour les langues étrangères à travers mes cours d’espagnol, d’anglais, français et arabe. Cela m’a donné une ouverture sur l’international et a développé ma carrière à l’international». Son bac en poche, il part en France pour y effectuer un cursus en ingénierie générale avec spécialisation en informatique et data science à Compiègne. «J’ai eu l’occasion d’aller au Texas et à Londres durant mon cursus pour développer mes compétences en e-commerce et en intelligence artificielle (IA). J’ai été particulièrement marqué par la culture américaine et mexicaine en termes de networking et de modèles d’innovations».

Aujourd’hui, il souhaite accompagner des start-ups marocaines et africaines innovantes en général pour leur permettre de grandir et de contribuer au développement de leurs communautés. Son conseil à ces jeunes entrepreneurs: «Penser problème et non solution. Identifier les inefficacités dans différents secteurs pour déceler les problèmes à résoudre et s’entourer de profils compétents pour y arriver. Cette approche attire et rassure les investisseurs ».