L'Istiqlal dispose de la communauté partisane la plus dynamique sur internet

IMPACT DES PARTIS POLITIQUES

Plus de 786 millions de personnes auront été touchées lors de la campagne électorale, ce qui revient à ce que chaque Marocain ayant accès à internet se sera arrêté sur plus de 31 publications concernant un parti politique.

La campagne électorale de 2021 a eu lieu dans un contexte particulier, marqué par les contraintes imposées par les restrictions et les mesures de sécurité sanitaires, notamment la distanciation physique, ce qui a laissé une place de choix à la campagne électorale digitale. Pour savoir si le digital a eu une influence sur les résultats des élections, l’Observatoire des Opinions Publiques Numériques a réalisé une étude en s’intéressant aux empreintes numériques des deux partis politiques qui auront fait les plus fortes progressions dans les résultats des élections du 8 septembre 2021 par rapport à 2016, en l’occurrence le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti de l’Istiqlal (PI).

«En deux semaines, les principaux partis politiques du Maroc auront effectivement accru leur présence sur la toile comme support de communication politique. Plus de 786 millions de personnes auront été touchées pendant la période, ce qui revient à ce que chaque Marocain ayant accès à internet se sera arrêté sur plus de 31 publications concernant un parti politique», relève l’observatoire comme premier constat relatif au recours important des partis politiques au digital.

L’autre constat est que les médias numériques auront été un peu plus actifs lors de la campagne électorale que les réseaux sociaux. «Ils auront publié plus de 300 articles par jour pendant la campagne officielle, et touché presque 430 millions de personnes. Il faut cependant remarquer, que sur leur page Facebook officielle, le RNI et le Parti de l’Istiqlal auront publié 630 publications en deux semaines (400 pour le Parti de l’Istiqlal et 230 pour le RNI), augmentant ainsi fortement l’exposition de leur programme électoral», souligne l’étude.

Elites politiques
Par ailleurs, l’observatoire a constaté que c’est le Parti de l’Istiqlal qui dispose de la plus grande communauté partisane et de sympathisants, «la plus dynamique aussi bien sur les engagements qu’en viralité», précise l’étude. Le parti politique aura réussi à plus que doubler sa moyenne d’interactions pour 1.000 fans, passant de 323 sur les 6 premiers mois de l’année 2021 à 898 pendant la campagne électorale officielle.

Cela montre la capacité du parti à mobiliser ses partisans et sympathisants, et à en faire un puissant levier de la campagne électorale, y compris sur les réseaux sociaux. Cette performance explique certainement aussi, la deuxième place du Parti de l’Istiqlal dans l’empreinte numérique globale, malgré la différence des moyens financiers mis en jeu entre les 2 partis sur cette période.

Cette campagne aura reproduit sur internet les modes de communication traditionnels en privilégiant la diffusion de l’information partisane. Il n’y aura pas eu la création d’un nouvel espace public de participation et d’interaction entre les élites politiques et les citoyens, pourtant intrinsèque aux médias sociaux comme plateformes de communication. «Les partis politiques devront rapidement envisager cette dimension et activer le potentiel interactif des plateformes numériques comme Twitter et Facebook, s’ils veulent renforcer l’engagement politique des citoyens à l’avenir », recommande l’observatoire.