Israël répond aux accusations de génocide devant la Cour internationale de justice


Le procureur général adjoint chargé des affaires internationales pour Israël Gilad Noam (gauche), la conseillère au ministère des Affaires étrangères israélien Tamar Kaplan (centre) et la conseillère légale de l'ambassade israélienne aux Pays-Bas Avgail Frisch Ben Avraham (droite), le 16 mai 2024 à la Cour internationale de justice, à La Haye (Pays-Bas)


Un stress test pour l'Etat Hébreu. Israël doit répondre, ce vendredi 17 mai 2024, devant la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction de l'ONU, aux accusations de l'Afrique du Sud, laquelle lui reproche d'avoir mené une campagne "génocidaire" avec son opération militaire à Rafah.

Pretoria a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ), qui siège à La Haye, d'enjoindre à Israël de cesser son incursion à Rafah, dans le sud de la ville de Gaza. Israël a précédemment qualifié l'affaire de l'Afrique du Sud de "totalement infondée" et "moralement répugnante".

Face à la détérmination du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à lancer une offensive terrestre d'envergure à Rafah, les avocats de l'Afrique du sud ont déclaré, jeudi 16 mai, devant la CIJ, que "le génocide" commis par Israël "a atteint un niveau horrible", évoquant notamment des fosses communes, des actes de torture et un blocage de l'aide humanitaire.

"L’Afrique du Sud avait espéré, lors de notre dernière comparution devant cette cour, mettre un terme à ce processus génocidaire afin de préserver la Palestine et son peuple. Au lieu de cela, le génocide d'Israël s’est poursuivi à un rythme soutenu et vient d’atteindre un nouveau et horrible niveau", a déclaré Vusimuzi Madonsela, le représentant de Pretoria.


Dans un arrêt en janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) avait ordonné à Israël de faire tout ce qui est en son pouvoir pour prévenir tout acte de génocide et permettre l'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza. Reste que Les ordonnances de la CIJ, qui tranche les différends entre Etats, sont juridiquement contraignantes mais elle n'a aucun moyen de les faire respecter.

Pretoria demande à la CIJ trois nouvelles mesures d'urgence en attendant qu'elle se prononce sur le fond de l'affaire, l'accusation selon laquelle Israël viole la Convention des Nations unies sur le génocide de 1948.

L'Afrique du Sud souhaite que la cour ordonne à Israël de cesser "immédiatement" toutes les opérations militaires à Gaza, y compris à Rafah, de permettre l'accès humanitaire et de rendre compte des mesures prises dans l'exécution de ces ordonnances.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé, vendredi 17 mai 2024, un nouveau bilan de 35.303 morts dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement palestinien, le 7 octobre 2023.

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