Isolée, l'école mise en quarantaine

Report de la rentrée scolaire au 1er octobre 2021

Fidèle à lui-même, le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, Saaid Amzazi, n’a pas dérogé à «sa» règle en décidant lundi 6 septembre 2021, de reporter la rentrée scolaire au 1er octobre, au moment où les aberrations liées à la campagne électorale et aux vacances d’été ont été tolérées.

Le contraire aurait étonné! Depuis l’avènement de la pandémie du Covid-19, le gouvernement El Othmani a brillé par ses décisions prises, pour leur écrasante majorité, in extremis ou en fin de soirée d’un samedi ou d’un dimanche. Fidèle à lui-même, le ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, Saaid Amzazi, n’a pas dérogé à «sa» règle cette fois encore en décidant lundi 6 septembre 2021, dans la soirée, de reporter pour la deuxième fois, la rentrée scolaire au 1er octobre prochain. L’annonce est tombée quelques heures après le communiqué du conseil de gouvernement tenu le jour même! Pour ceux qui cherchent «la raison» ou les raisons de ce report, la première question à se poser est pourquoi ce point n’a pas été discuté en conseil de gouvernement; et si tel était le cas pourquoi n’a-t-il pas été mentionné dans le communiqué du gouvernement.

Car comment expliquer qu’un peu plus de cinq heures après la publication du communiqué du conseil de gouvernement, vers 20h15, on sort le fameux communiqué du département de Amzazi comme si un autre gouvernement s’était réuni pour traiter de la question. Comprenne qui pourra! Cela d’une part. D’autre part, pourquoi ce report, le deuxième du genre en moins d’une semaine.

Reporter au 10 septembre, on l’aurait compris: les élections législatives, régionales et communales priment. Mais reporter au 1er octobre, en évoquant le souhait d’«éviter toute détérioration de la situation par l’éventuelle apparition de foyers du virus au sein d’établissements d’éducation et de formation», cela n’a pas de sens. D’abord, les enfants de la maternelle et du primaire de moins de 12 ans ne sont pas concernés par la campagne de vaccination de 12 à 17 ans. Pourquoi les priver alors de la scolarité? Ensuite, le ministre aurait pu alterner le présentiel et le distanciel. Le présentiel pour les vaccinés et le distanciel pour les non-vaccinés ou ceux âgés de 12 à 17 ans qui n’ont reçu que la première dose. De cette manière, rien ne viendrait perturber une rentrée scolaire, la seule rentrée d’ailleurs qui «présenterait un risque de propagation du virus».

Depuis le début de l’été, en juillet précisément, on a accueilli, à bras ouverts et avec toutes les facilités et accommodations possibles, des millions de MRE et de touristes étrangers, sans se soucier pour autant du danger d’une nouvelle vague de contaminations. Ce qu’on appréhendait est finalement arrivé. La facture a été lourde. Le nombre des cas critiques et des morts a atteint un niveau jamais vu depuis le début de la pandémie. En dépit de cela, même avec des restrictions et un couvre-feu nocturne, rien n’est venu perturber les vacances des touristes nationaux et étrangers, ni celles de l’équipe gouvernementale d’ailleurs.

Aberration
Fin août-début septembre, les candidats aux élections de tous les partis politiques, sans exception aucune, y compris des responsables gouvernementaux, ont fait leur campagne électorale en faisant fi des mesures de précaution, des gestes barrières et des restrictions liées aux rassemblements. Cette aberration n’a pourtant jamais fait l’objet d’un communiqué comme ceux du gouvernement, du ministère de l’Intérieur ou de celui de la Santé, habituellement assez alertes.

Le message est donc passé: «Faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais». Quant à la rentrée scolaire, elle attendra. La société civile, qui nous habitue à des réactions virulentes, n’a pas encore réagi, encore moins l’association des parents d’élèves. Le ministère de l’Education nationale l’a ignorée. Comme de coutume, il se concertera avec elle, mais après coup!.