Interview de Ismael Belkhayat, PDG de chari.ma

Un véritable problème se pose en matière de distribution au Maroc

Avec chari.ma, Ismael Belkhayat veut permettre aux épiciers marocains d’automatiser leur processus d’approvisionnement et de le faire en moins de 24h chrono.

Après l’immobilier avec sarouty.ma, la VTC avec votrechauffeur.ma et la croisière avec macroisiere.ma, vous vous lancez dans la distribution avec chari.ma. Pourquoi ce nouveau projet?
Ce n’est pas, à proprement parler, un projet qui est nouveau, dans la mesure où je l’ai en tête depuis très longtemps déjà. En tant qu’administrateur de la holding H&S Invest, je ne pouvais qu’être intéressé par les domaines de la distribution et de la logistique, puisque je rappelle que le groupe Dislog, que nous détenons, est actuellement leader en la matière au Maroc. Mais je dois confesser que c’est la Covid-19 qui m’a le plus décidé à mettre le pied à l’étrier, car comme vous le savez la pandémie a grandement affecté les domaines de l’immobilier, de la VTC et de la croisière, et donc sarouty.ma, votrechauffeur. ma et macroisiere.ma. C’était donc le moment ou jamais pour sauter le pas.

Mais en quoi chari.ma vous a-t-il semblé particulièrement opportun?
Je suis en fait parti du constat suivant: au niveau des quelque 200.000 points de vente que nous avons au Maroc, il y a un véritable problème qui se pose en matière de distribution. Un épicier qui veut par exemple s’approvisionner va devoir expressément fermer boutique pour aller s’approvisionner chez un commerçant ou une grande surface spécialisée dans le gros ou attendre qu’un fournisseur se rende auprès de lui en ayant parfois à attendre une quinzaine de jours, et ce, qui plus est, non sans difficultés logistiques: le fournisseur arrive avec son camion, il ne sait pas de quoi l’épicier a besoin et s’il a en fin de compte vraiment besoin de quelque chose, son camion va bloquer la route, l’épicier prend du temps pour discuter avec lui, pour revoir les stocks, pour le payer; en même temps la clientèle doit passer à la trappe, etc.

C’est totalement inopérant. Donc ce que nous nous proposons, c’est d’automatiser tout le processus, et en plus nous nous engageons à réduire les temps de livraison de stocks à 24h seulement. Et je dois dire que pour l’heure les retours ont été globalement positifs, et même quand nous recevons des critiques, comme par exemple certains épiciers qui trouvaient les touches utilisées dans l’application trop petites, cela nous sert à nous améliorer et par là même à améliorer notre service.

Et vous en êtes à combien d’épiciers pour le moment?
Quelque 6.000, mais je dois préciser que nous avons jusqu’ici délibérément choisi de nous en tenir à la seule ville de Casablanca, car nous voulons vraiment être en mesure de respecter notre engagement de livrer nos épiciers en 24h maximum. Ce qui fait que nous en sommes déjà en fait à la moitié des épiciers casablancais, qui représentent au total environ 12.000 points de vente. Par la suite nous voulons nous étendre au Grand Casablanca, c’est-à-dire la bande littorale qui court de Bouznika à El Jadida, puis, progressivement, aux autres grandes villes du Royaume. Nous tablons, pour ce faire, sur la date de 2021, éventuellement en début d’année.

Et comment, du reste, parvenez-vous à faire des bénéfices?
Comme nous sommes un distributeur, nous bénéficions d’une marge qui nous permet de couvrir nos coûts logistiques; nous sommes payés dès la réception des colis, ce qui est bien évidemment avantageux pour les fournisseurs. Il y a vraiment de quoi y croire.


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