Les islamistes du PJD accusent l'intérieur de falsifier les résultats des élections

"MOI OU LE CHAOS"

Qu’aujourd’hui, après leur déroute, les islamistes agitent l’épouvantail du chaos en tentant de faire douter le peuple quant à la transparence des élections et en servant sur un plateau d’or un alibi aux ennemis du pays pour s’attaquer au Maroc, c’est inacceptable.

Quand on est mauvais perdant, il ne reste plus qu’à détruire la victoire des autres. Cela s’applique parfaitement au PJD, qui a essuyé une débâcle historique et humiliante, politiquement parlant, aux élections du 8 septembre 2021, après 10 ans au gouvernement. Les islamistes ont dénoncé «les violations et irrégularités» qui ont émaillé le scrutin du 8 septembre 2021, selon un communiqué diffusé dimanche 19 septembre 2021.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) «dénonce les violations et irrégularités qu’ont connues les élections», dont «l’usage massif de l’argent». Ils ne s’arrêtent pas à ce stade, ils accusent même l’Intérieur de falsifier les élections en dénonçant aussi «la manipulation des procès-verbaux» ou encore «les noms rayés des listes électorales ou ceux y figurant doublement». Ces «formes de corruption électorale» ont «abouti à l’annonce de résultats qui ne reflètent pas la teneur de la cartographie politique et la libre volonté des électeurs», accuse le parti à la fin d’une session extraordinaire de son conseil national tenue samedi 18 septembre à huis clos. Avant de conclure par déplorer «une régression de notre expérience démocratique».

Epouvantail d’un scénario à la tunisienne
Notre pays a traversé une crise sanitaire inédite et avant cela une crise économique qui a plombé les finances publiques, au terme d’une décennie troublée de gouvernance des islamistes. Tout le monde en convient sauf les protagonistes eux-mêmes qui offrent aujourd’hui des anecdotes surréalistes et des fous rires qu’il serait malhonnête de taire. L’arrivée des islamistes au pouvoir était démocratique, car ils sont venus par les urnes.

Mais tout le monde n’a pas une courte mémoire. Ils ont exploités, à l’époque du Printemps arabe, la peur des Marocains et l’inaction de la majorité des autres formations politiques pour s’imposer comme l’alternative. A maintes reprises, l’ancien Secrétaire général du parti de la lampe et ex-Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a agité l’épouvantail d’un scénario Printemps arabe à la libyenne ou à la tunisienne.

Le même discours et les mêmes éléments de langage ont été utilisés par son successeur à la tête du parti des islamistes, Saâd Eddine El Othmani. Par la peur également, ils ont pu rééditer leur succès électoral en 2016. Leur sortie des arènes du pouvoir était identique à celle de leur élection la toute première fois, soit par les urnes. Qu’aujourd’hui, après leur déroute, ils agitent encore l’épouvantail du chaos en tentant de faire douter le peuple quant à la transparence des élections et en servant sur un plateau d’or un alibi aux ennemis du pays (ô combien nombreux) pour s’attaquer au Maroc, c’est inacceptable.

S’ils avaient au moins gardé leurs décisions et résolutions pour eux, il n’y aurait pas de dégâts. Mais les rendre publiques dans un communiqué, c’est dire que les perdants du match électoral cherchent à mettre le terrain à feu et à sang. N’ont-ils pas appris la leçon des dernières élections? Il est facile de se créer une réputation, même du néant, parfois en jouant sur les émotions et les croyances, mais il est difficile de la préserver et de gagner la confiance des électeurs.

Il est temps pour le PJD de se remettre en question pour reconstruire ce qui a été détruit. Cela commence par une opposition digne et agissante, mais pas à l’extérieur de l’institutions du Parlement.