L'offense à l'islam et aux musulmans dans les médias Français

Les violations de la loi se sont multipliées dans les médias français et ont contribué à fausser l’image de l’islam et des musulmans au sein des élites françaises.

A l’aube du troisième millénaire, l’offense à l’islam et aux musulmans a commencé à revêtir de nouvelles formes qui enfreignent les règles du droit international régissant les droits de l’Homme et les médias. C’est ainsi que les méthodes et les mécanismes de la violation ont évolué, de sorte que les offenses sont passées du contenu des livres, des encyclopédies, des organismes et départements dispensant le savoir, et des études orientalistes aux films et programmes de radio et de télévision, de même qu’à Internet.

Par le biais de ces moyens, les violations de la loi se sont multipliées dans les médias français, et ont contribué à fausser l’image de l’islam et des musulmans au sein des élites françaises, voire au niveau mondial, y compris dans les milieux académiques et culturels. En somme, cette activité de publication et cet outrage sont autant d’actes ayant constitué une violation délibérée des règles du droit international.

Ils ont également porté un coup dur au contenu des documents de droit international des droits de l’Homme affirmant la liberté des médias et la liberté d’expression, mais les restreignant lorsqu’il s’agit d’offense aux religions, tel que stipulé dans la clause prédisposant l’interdiction de l’incitation à la haine, au racisme et à la ségrégation religieuse, et promouvant la tolérance. D’ailleurs, certains médias français ont attisé le phénomène de l’islamophobie par l’offense à la religion islamique, à ses symboles et à tout ce qui est religieusement sacré, compte tenu de ce que ces médias ont publié et publient encore concernant les images stéréotypées sur les musulmans et les Arabes, ainsi que sur l’islam, qu’ils qualifient de religion du terrorisme. C’est pourquoi des appels ont commencé à s’élever au sein des Nations Unies, à l’Assemblée générale et au Conseil des droits de l’Homme, appelant à l’élaboration d’un droit international contraignant, pour dissuader et prévenir la propagation de ce phénomène, et en fin de compte, un droit conforme aux dispositions relatives au respect des religions.

Un tel objectif a été atteint le 11 avril 2011 avec l’approbation par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution 65/224 appelant à lutter contre la diffamation des religions. C’est ainsi que l’Assemblée générale des Nations Unies «déplore l’usage fait de la presse écrite, des médias audiovisuels et électroniques, notamment l’Internet, et de tous autres moyens pour inciter à des actes de violence, à la xénophobie ou à l’intolérance qui y est associée et à la discrimination à l’égard de toute religion, ainsi que les actes de profanation dirigés contre les livres saints, les lieux saints, les lieux de culte et les symboles religieux de toutes les religions».

En conséquence, certains États membres des Nations Unies ont commencé à prendre des mesures visant la protection de la liberté religieuse et le respect des religions, en promulguant des lois pour prévenir les offenses aux religions, ainsi que la manifestation des stéréotypes négatifs au sujet des adeptes de religions.

Cependant, les stéréotypes négatifs sur l’islam et ses symboles se répandent encore fortement dans certains pays occidentaux, notamment en France, sous prétexte de respect de la liberté d’opinion et d’expression, de même que la liberté des médias. De plus, ces pays hésitent encore à adopter une législation nationale, conformément aux règles du droit international des droits de l’Homme auxquelles ces pays se sont engagés, afin de sanctionner ceux qui violent le caractère sacré des religions, même s’ils invoquent la liberté d’opinion et d’expression, laquelle se contredit complètement avec l’incitation à la haine et la discrimination religieuses.

par DR. Mahjoub Bensaid.
Expert en programmes de communication et dialogue culturel et ancien chef du Centre de communication et d’information à l’ISESCO.


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