Pourquoi attaquer les symboles de l'Islam n'est pas une liberté d'expression

L'ASSASSINAT DU PROFESSEUR D’HISTOIRE SAMUEL PATY SUSCITE UNE VIVE ÉMOTION EN FRANCE

Beaucoup en France et dans le monde musulman craignent une remontée de l’islamophobie après cet attentat.

La France entière est en forte ébullition. Quelques jours seulement après le discours d’Emmanuel Macron sur l’Islam radical et la laïcité, le pays est ébranlé par un attentat terroriste effroyable. Vendredi 17 octobre 2020, Un professeur d’histoire, Samuel Paty, 47 ans, a été décapité par un jeune d’origine tchéchène, 18 ans, qui a été lui-même tué de dix balles par la police. Le professeur avait montré à ses élèves, au nom de la liberté d’expression, des caricatures insultantes du Mohammed. Une initiative violemment condamnée par les musulmans du monde entier tout comme ils ont condamné l’acte de la décapitation.

Dans le sillage de cette affaire, devenue une affaire d’Etat, de nombreuses personnes ont été arrêtées et mises en examen. Parmi elles, un prédicateur marocain, Abdelhakim Sefrioui, 61 ans, qui s’active dans la mouvance islamiste depuis l’année 2000. L’enquête menée par la police française révèle son implication indirecte dans cet assassinat car il aurait émis une fatwa contre le professeur. Abdelhakim Sefrioui a représenté pendant un temps le PJD en France. Mais ce dernier s’est empressé de réagir pour dire qu’il ne représente plus le parti dans l’Hexagone. Comment un parti au pouvoir, qui prône un référentiel islamique modéré, peut-il être représenté par un islamiste qui s’active dans les réseaux extrémistes? La question reste posée.

Débat sur la liberté
Beaucoup en France et dans le monde musulman craignent une montée de l’islamophobie après cet attentat. Des actes islamophobes se sont déjà signalés après l’arrestation, jeudi 22 octobre 2020, de deux femmes accusées d’avoir porté à l’aide d’une arme blanche des coups et blessures à deux femmes musulmanes porteuses de voile. L’une d’entre elles, gravement blessée à la poitrine, a été hospitalisée. Une enquête judiciaire est ouverte par le parquet de Paris.

Il faut dire que l’islamophobie en France, bien qu’elle soit ancienne, a connu un regain significatif ces derniers temps mais tout particulièrement suite au discours controversé d’Emmanuel Macron où il s’en prend à l’Islam en disant que la religion musulmane vit une crise dans le monde.

L’assassinat du professeur d’histoire français remet également au goût du jour le débat sur la liberté d’expression en France. Les esprits éclairés ne comprennent toujours pas pourquoi s’attaquer à l’Islam entre dans le cadre de la liberté d’expression alors que critiquer le judaïsme ou le christianisme est considéré comme des actes antisémites anti-chrétiens? Or, aux Etats-Unis, considéré comme un pays pionnier dans la liberté d’expression, aucun journal ni magazine ni encore un professeur n’oserait publier ou montrer des caricatures de l’un des symboles les plus sacrés de la religion musulmane.

Les responsables français devraient réviser leurs positions sur les limites de la liberté d’expression, qui suppose logiquement de la responsabilité.


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