L'IRAN PÈCHE EN EAUX TROUBLES

CAMPAGNE CONTRE LA REPRISE DES RELATIONS MAROC-ISRAËL

Sans grand étonnement, le premier pays à s’être acharné publiquement contre le Maroc est l’Iran, son allié le Hezbollah lui emboîtant le pas.

La décision américaine de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara ainsi que la reprise des mécanismes de coopération entre le Royaume et Israël font encore jaser. Sans grand étonnement, le premier pays à s’être acharné publiquement contre ces deux décisions est l’Iran.

Vendredi 11 décembre 2020, le lendemain de la publication de la proclamation de Donald Trump, un communiqué signé Ali Akbar Velayati, conseiller diplomatique du guide suprême iranien, donne le ton: «La récente normalisation des liens entre le Maroc et les sionistes n’est pas une nouveauté (…) Ce qui est nouveau dans cette annonce (…), c’est l’accord conclu entre la triade Amérique-Maroc-régime sioniste, par lequel la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental est reconnue par les Etats-Unis en échange d’une trahison de l’islam et de la cause palestinienne».

Le même jour, son allié, le Hezbollah, renchérit et qualifie ces décisions de «chantage américano-sioniste». «L’enjeu est désormais entre les mains du peuple marocain libre ainsi que tous les peuples arabes qui rejettent toutes les formes de normalisation et soutiennent le peuple palestinien en résistance », conclut le communiqué provocateur et incitant à la révolte du parti de Hassan Nasrallah.

Challenges sécuritaires
Cet acharnement n’est pas gratuit. Il est plutôt intéressé. Et c’est ce qu’a tenté d’expliquer, dans une tribune publiée lundi 4 janvier 2021 dans les colonnes du journal Israël Hayom, l’ancien ambassadeur d’Israël à l’ONU et ex-directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold : «Les tentatives de l’Iran d’étendre son influence en Afrique du Nord sont l’une des raisons qui ont poussé les Etats Unis à reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara (…) n», a-t-il souligné.

Les faits sont têtus. En effet, l’incident diplomatique avec l’Iran était basé sur des preuves tangibles notamment de l’envoi d’armes par son allié le Hezbollah au front Polisario. En effet, en 2018, le Maroc a dévoilé des documents iraniens attestant que Téhéran arme et entraîne le Polisario par le biais du Hezbollah libanais et il a été prouvé que l’Iran fournissait des missiles SAM-9 et SAM-11 aux séparatistes.

Le Maroc avait gelé ses relations diplomatiques avec l’Iran, surtout quand il a été révélé que la coopération avec le Polisario se faisait avec la couverture de l’ambassade iranienne à Alger. Mais l’ancien ambassadeur israélien est allé très vite en besogne en faisant le parallèle entre le cas de la Syrie et celui du Maroc et en s’empressant de faire des déductions hâtives, corrélant la décision américaine aux seuls soucis sécuritaires des Etats-Unis dans la région et ses démêlés avec l’Iran.

«Après que la Syrie a accueilli en grand nombre les forces mandataires iraniennes, les États-Unis ont publié une proclamation en mars 2019 reconnaissant la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan. Après que le Polisario ait décidé de travailler avec l’Iran, une démarche équivalente de reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental était parfaitement logique », a-t-il souligné.

Quoique pertinente lorsqu’il la lie à la volonté de l’Iran d’étendre ses tentacules en Afrique du nord, l’analyse de Dore Gold est réductrice dans ce sens où la position américaine était connue depuis des lustres sauf qu’il a fallu l’officialiser. C’est dire aussi qu’elle repose sur d’autres considérations historiques et politiques établies entre les deux pays.


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