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Investiture de Joe Biden: La détrumpisation en marche

Pour le nouveau président américain, sa victoire est d’abord celle de la démocratie. De son côté, le Maroc surveille de près les premiers pas du nouveau locataire de la Maison blanche, étant donné que la question du Sahara marocain est en jeu.

Le jour même de son investiture, mercredi 20 janvier 2021, le nouveau président américain, Joe Biden, avait déjà signé pas moins de 17 décrets pour, en grande partie, balayer d’un revers de main l’héritage de son prédécesseur, Donald Trump. De l’organisation et de la mobilisation du gouvernement pour fournir une réponse unifiée et efficace à la lutte contre la pandémie de Covid-19 et pour assurer le leadership des États-Unis en matière de santé et de sécurité mondiales en passant par l’acceptation de l’accord de Paris sur le climat, duquel M. Trump avait fait retirer le pays nord-américain le 1er juin 2017, le moins que l’on puisse dire est que celui qui avait également été vice-président de Barack Obama du 20 janvier 2009 au 20 janvier 2017 a tôt fait de marquer son territoire.

La volonté du peuple
Et cela a d’abord commencé par le discours qu’il a donné devant le siège du Congrès, là même où, le 6 janvier 2021, des partisans de M. Trump avaient tenté d’empêcher la certification de sa victoire à l’élection du 3 novembre 2020 par la principale institution législative des États-Unis. Faisant à l’évidence allusion à ces événements, qui ont au passage amené les autorités américaines à fermer tout accès au Congrès -le public a dû, contrairement à l’usage, se contenter de la retransmission télévisée de la cérémonie d’investiture, sans pouvoir y assister-, mais aussi aux allégations de M. Trump qui contre vents et marées continue d’assurer que le scrutin a été “truqué” et qui a d’ailleurs refusé d’assister à la prestation de serment de son successeur en s’envolant sans crier gare pour son domicile floridien dans la ville de Palm Beach, M. Biden a tenu à souligner que “la volonté du peuple a été entendue et la volonté du peuple a été respectée”. “Aujourd’hui, nous célébrons le triomphe, non pas d’un candidat, mais d’une cause. La cause de la démocratie,” a-t-il poursuivi.

Coopération étroite
Du côté du monde arabo-musulman, une attention particulière a été portée à la décision de M. Biden de lever le fameux “Muslim Ban”, qui a progressivement interdit d’entrée sur le territoire américain, sous préprétexte de protéger le pays des “terroristes étrangers”, les ressortissants de plusieurs pays à forte population musulmane. Parmi ces pays, on ne trouve bien sûr pas le Maroc, qui de toute façon entretient depuis le déclenchement de la “guerre contre la terreur” sous le président George W. Bush une relation de coopération étroite avec Washington en matière de lutte contre le terrorisme, mais les autorités marocaines doivent sans doute suivre de près les premiers pas du nouveau locataire de la Maison-Blanche, étant donné que la question du Sahara marocain est en jeu.

Car si, par exemple, le quotidien israélien Maariv, citant des sources proches de M. Biden, assure que la nouvelle administration entend bien maintenir la reconnaissance par M. Trump, le 10 décembre 2020, de la souveraineté du Maroc sur la région, rien n’est acquis. Surtout qu’au sein des institutions américaines, d’aucuns s’activent pour que les États- Unis reviennent sur leur décision. Le sénateur de l’État de l’Oklahoma et pro-séparatiste revendiqué, Jim Inhofe, a d’ailleurs profité de l’audience du futur secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, ce 20 janvier 2021 pour lui poser la question sur les intentions de ce dernier eu égard au différend du Sahara marocain, ce à quoi le concerné a rétorqué qu’il “voudrai[t] certainement examiner de plus près” le dossier. Wait and see.