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Relance des investissements des pays du Golfe dans le Royaume

De l’espoir en perspective

Les investissements des pays du Golfe ont connu une hausse importante durant le règne de S.M. le Roi Mohammed VI. Le pic de ces investissements a été atteint en 2007 avec plus de 40 milliards de dirhams investis. Mais cette tendance a été malheureusement inversée à partir de 2008.

Le 41ème sommet du conseil de coopération du Golfe, tenu dans la ville saoudienne Al Ula, mardi 5 janvier 2021, et marqué par la réconciliation historique entre l’Arabie saoudite et le Qatar, ouvre indéniablement de nouvelles perspectives de partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe.

Depuis l’accession au Trône de S.M. le Roi Mohammed VI en juillet 1999, les relations économiques entre le Maroc et les pays du Golfe ont connu un essor considérable, marqué par des investissements importants réalisés dans plusieurs secteurs d’activité économique. Si le tourisme de luxe et l’immobilier haut de gamme tiennent habituellement le haut du pavé, des secteurs comme les services financiers et les activités d’offshoring semblent constituer les nouvelles niches d’investissement. Parmi les groupes historiques présents dans notre pays, le fonds maroco-koweitien CMKD, orienté vers l’immobilier de moyen et haut standings et le fonds maroco-émirati Somed, qui a investi dans plusieurs chaînes hôtelières de grand luxe comme la chaîne Sheraton.

D’autres groupes comme le saoudien Corral, appartenant à l’homme d’affaires controversé, Cheikh Mohamed Hussein Amoudi, ont investi dans l’industrie pétrolière marocaine, notamment à travers la privatisation de la Samir, mais les récents déboires financiers de celle-ci ont nourri des doutes sur la véritable ambition de certains investisseurs du Golfe dans le pays. C’était notamment le cas du célèbre groupe saoudien Dallah Al Baraka, de son fondateur Cheikh Salah Kamel, décédé en mai 2020. . Pire, au lieu d’employer ses propres fonds pour réaliser ces deux projets, il est allé chercher des financements bancaires qui ont notamment financé la totalité du projet de l’hôtel Palais des Roses.

Des affaires controversées
Le pic de ces investissements a été atteint en 2007 avec des volumes sans commune mesure: 636 millions de dirhams pour l’Arabie saoudite, 1,6 milliard de dirhams pour le Koweït, 4,8 milliards pour les Emirats arabes Unis, 357 millions de dirhams pour le Qatar et 468 millions de dirhams pour le Bahreïn. En 2008, avec la crise financière des «subprimes», ce volume a baissé pour chuter à 27 milliards de dirhams.

Les holdings émiratis sont récemment venus en masse pour investir sur le marché marocain, notamment dans les grands chantiers. Dubaï Holding, qui est un fonds souverain, a ainsi investi, à travers sa filiale Sama Dubaï dans le projet de Bouregreg, dans la région de Rabat, mais aussi dans la fameuse Marina de Casablanca.

Après avoir annoncé son ambition d’accompagner ces deux projets importants dans la réalisation de toute leur partie résidentielle et touristique, Sama Dubaï avait annoncé en cours de route, en 2010, son retrait subit des deux projets, invoquant des difficultés financières et un changement dans sa nouvelle stratégie internationale d’investissement. La CDG a repris, comme elle le fait habituellement, le relais du holding émirati pour mener à bon port les deux chantiers stratégiques.

Le Maroc profite également de dons généreux provenant de plusieurs pays du Golfe. Selon des statistiques officielles, plus de 10 milliards de dirhams ont été reçus en 2010, dont plus de 5 milliards accordés par l’Arabie Saoudite et 2,5 milliards par les Emirats Arabes Unis. Le Maroc attend pour les prochains mois un versement de 4 milliards de dollars de dons promis par le Conseil de coopération des pays du Golfe.

L’avenir est ainsi prometteur pour le Maroc après les récents développements géopolitiques dans le Sahara marocain après la reconnaissance historique par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur ses territoires sahariens.