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Vers plus d'investissements européens au maroc?

Plaidoyer d'El Alamy en faveur d’une révision du partenariat avec l'UE

Au cours de ses entretiens avec la vice-présidente exécutive de la commission européenne, le ministre de l’Industrie s’est prononcé pour un nouveau mode de coopération avec l’UE, espérant là sans doute récupérer une partie des investissements européens jusqu’ici faits en Chine.

“Une révision en profondeur du partenariat Union européenne-Maroc”, voilà ce qu’a plaidé ce 27 avril 2020 Moulay Hafid Elalamy au cours de ses entretiens avec la vice-présidente exécutive de la commission européenne et commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, qui avait à ses côtés le président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), Omar Seghrouchni, souhaite en tout état de cause attirer une partie des futurs investissements étrangers des pays de l’Union européenne (UE) au Maroc, alors même que le Royaume compte déjà au titre de son principal partenaire commercial et investisseur le Vieux Continent.

Ainsi, dans des déclarations accordées dans la foulée de ses entretiens avec Mme Vestager à l’agence MAP (Maghreb arabe presse), M. Elalamy a mis l’accent sur le fait que, selon lui, “la crise du coronavirus a montré le besoin affirmé de l’Europe de revisiter son outil de production des activités dites stratégiques”. Référence était sans doute là faite à la dépendance, en effet montrée au grand jour au cours de la pandémie actuelle de Covid-19, des industriels européens aux circuits d’approvisionnement chinois, dans la mesure où nombre d’entre eux ont procédé au cours des vingt dernières années à la délocalisation de leurs usines, pour des raisons de coûts, en Extrême-Orient. Présentant l’avantage de salaires aussi si ce n’est désormais plus compétitifs et surtout moins “risqué” logistiquement du fait de sa position géographique à moins de quinze kilomètres des rives de l’Europe, le Maroc constitue, partant, une excellente alternative.

Solution proprement marocaine
Qui plus est, à travers par exemple sa production de masques de protection qui pourrait bientôt dépasser les 8 millions par jour, le Royaume a, de l’aveu de M. Elalamy, “découvert lui-même de nouvelles dimensions de son secteur industriel”. De fait, le ministre a appelé à “mener une étude conjointe sur la capacité de créer, dans le cadre d’un nouveau mode de coopération”. Et selon ses affirmations, Mme Vestager n’y verrait aucun inconvénient et y souscrirait même. S’agissant par ailleurs de la présence de M. Seghrouchni au cours des entretiens avec la responsable européenne, il semble qu’elle découle de l’intérêt du Maroc pour les solutions de traçage de contaminations au Covid-19 développées un peu partout en Europe, à l’instar de l’initiative Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT), qui met à contribution quelque 130 institutions universitaires européennes.

Le président de la CNDP a ainsi révélé, toujours selon la MAP, que “le Maroc étudie avec beaucoup d’intérêt les différentes propositions européennes pour en retenir la plus optimale”, sachant que le Royaume avait lancé le 10 avril, via l’Agence de développement du digital (ADD), un appel à manifestation d’intérêt pour développer une solution proprement marocaine.