L’INTÉRIM DANS L’IMPASSE

LA FNETT COMPTE SAISIR LE MINISTÈRE DE L’EMPLOI SUR L’INDEMNITÉ COVID-19

Les professionnels du secteur du travail temporaire appellent à un traitement à part.

Pour cause de Covid-19, plusieurs contrats d’intérim ont été stoppés, laissant de très nombreuses personnes sans ressources. Le travail temporaire est ainsi plus que jamais en difficulté. C’est à cet effet que La Fédération des entreprises du travail temporaire, qui réunit pas moins de 300.000 intérimaires, compte saisir Mohamed Amkraz, ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, sur l’indemnité Covid-19 versée par la CNSS. Objectif, faire bénéficier le secteur d’un traitement à part. L’idée est de revoir les critères d’éligibilité à cette allocation.

Selon Moulay Abdallah Alaoui, président de la FNETT, «nous ne voulons pas laisser le personnel intérimaire suspendu temporairement, en raison du Covid-19, sans ressources. Les critères se réfèrent au chiffre d’affaires des sociétés d’intérim (le prestataire) et non à celui de la société utilisatrice». Sur le plan juridique, rien d’anormal car les personnes employées sous le régime d’intérimaire sont rattachées à la société prestataire.

Ainsi, à moins que le chiffre d’affaires de la société d’intérim ne baisse, ces salariés n’ont pas droit à l’indemnité Covid-19 servie par la CNSS. «Cette approche est injuste visà- vis de l’intérimaire qui se trouve exclu en cas de maintien du chiffre d’affaires ou de baisse n’atteignant pas les 25% exigés. Le bon sens voudrait prendre en considération plutôt la société utilisatrice dont l’activité peut être à l’arrêt total ou qui connaît une baisse significative de son activité», explique quant à lui Mohammed Tazi, vice-président de la Fédération.

Dans leur portefeuille clients, les entreprises d’intérim disposent d’entreprises opérant dans les secteurs en difficulté et d’autres qui poursuivent normalement leur activité. Ce qui permet d’équilibrer, voire de maintenir le chiffre d’affaires. «La masse salariale représente 98% de notre chiffre d’affaires et notre marge est de 1 à 2%», précise Tazi. Pour les opérateurs, la prise en charge de ces salariés en arrêt d’activité pourrait être suicidaire pour l’activité.

A partir du mois d’avril, de nouveaux critères d’éligibilité à l’indemnité Covid-19 ont été mis en place. Pour en bénéficier, l’entreprise doit être en arrêt temporaire de travail en raison d’une décision administrative comme c’est le cas avec l’état d’urgence sanitaire décrété sur l’ensemble du territoire. S’y ajoute le cas des entreprises dont l’activité a baissé. Une baisse mesurée par l’évolution du chiffre d’affaires. Seuls les salariés des entreprises dont le revenu a reculé d’au moins 50% par mois comparativement à la même période de l’année dernière ont droit à l’indemnité. Un seuil en termes d’effectifs est également fixé: 500 salariés maximum en arrêt temporaire de travail.

Au-delà, les dossiers sont étudiés au cas par cas par une commission composée des représentants des ministères des Finances, du Travail ainsi que des représentants des départements ministériels des secteurs dont relèvent les entreprises. La CGEM est également représentée dans cette commission présidée par les Finances et dont le secrétariat est assuré par la CNSS. Cette commission statue également sur les dossiers des entreprises dont le chiffre d’affaires mensuel baisse entre 25% et moins de 50%.


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