L’Intérieur dans l’oeil de mire du PJD

CONTROVERSE

À moins d’un an des législatives, la formation islamiste semble reprendre ses vieilles habitudes d’égratigner la “mère des ministères”.

Il va sans dire, le Parti de la justice et du développement (PJD) est décidé à se maintenir au gouvernement. Chose qui, bien évidemment, devra passer par une nouvelle première place aux législatives, après celles de novembre 2011 et octobre 2016. Et, dans ce sens, la formation islamiste semble prête à en découdre. Le dernier communiqué de son secrétariat général général, publié le 5 septembre 2020 suite à une réunion présidée par son secrétaire général et Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, est, ainsi, éloquent. Il s’agit, de fait, d’une attaque en règle envers le ministère de l’Intérieur, rappelant presque le discours contre la prétendue “mainmise sur le jeu politique”, ou “tahakkom” en arabe, que le PJD avait adopté au cours de sa précédente campagne il y a quatre ans. Si le département de Abdelouafi Laftit n’est, certes, pas nommément désigné, les allusions sont suffisamment claires pour ne laisser nulle place au doute.

Baroud d’honneur
Le PJD parle, ainsi, de “ciblage administratif” à son encontre -les autres partis politiques et les médias sont, soit dit en passant, également égratignés-, et, en outre, laisse entendre que ses élus locaux se verraient tordre le bras, en n’ayant pas les mains libres pour agir à leur guise. Une accusation qui, du reste, n’est pas inédite de la part du parti, et, à cet égard, le groupe parlementaire du parti à la chambre des représentants s’était fendu, fin juin, d’une proposition de loi visant à réduire les prérogatives des walis et des gouverneurs.

Mais le texte demeure, pour l’heure, lettre morte. Le PJD, pour ainsi dire, en redemande. Et, à l’évidence, il ne devrait pas de sitôt lâcher le morceau. D’aucuns voient, dans cette agitation, un simple baroud d’honneur de la part du PJD. En effet, le parti a, ces dernières années, indéniablement perdu de sa superbe, enchaînant notamment les défaites aux scrutins partiels. Une dégringolade électorale future n’est plus écartée par ses pontes, dont son ancien secrétaire général, Abdelilah Benkirane -qui, le 10 juin, avait confié au média qatari Arabi21 qu’il se sentait “indisposé par tout ce qui arrive ces jours-ci dans notre région, surtout au sein du PJD”.

Mais in fine, la formation garde encore de beaux restes, à telle enseigne que des voix montent pour l’inciter à ne pas se présenter dans toutes les circonscriptions, de sorte à ce qu’elle ne devienne pas hégémonique. Cependant que récemment, le député-maire de Meknès, Abdellah Bouanou, écartait un tel scénario. En tout état de cause, la course aux prochaines législatives ne fait sans doute que commencer.


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