Quand Instagram devient toxique

Impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents

Très prisé par des millions jeunes, Instagram n’en demeure pas moins néfaste pour leur santé mentale à cause de son modèle qui privilégie l’embellissement au détriment du naturel.

En créant Instagram en 2010 dans la Silicon Valey, Kevin Systrom et Mike Krieger, deux étudiants à l’Université de Stanford étaient probablement loin d’imaginer que leur nouvelle trouvaille allait avoir autant de succès auprès des jeunes. Son rachat par Facebook en 2012 a augmenté son aura et explosé son audience. Au Maroc, 51,6% des internautes âgés entre 16-64 ans l’utilisent, selon le rapport 2021 du Global Digital Insights publié par We Are Social et Hootsuite.

Si le réseau social suscite autant d’engouement, c’est grâce à son modèle attrayant qui permet à ses utilisateurs de publier des photos soigneusement retouchées à coups de filtres pour dévoiler dans cette foule virtuelle, une image qui contraste, à bien des égards, avec la réalité. Les adolescents sont les plus exposés. Et Instragram le sait. D’après le Wall Street Journal, une enquête interne menée par ses propres chercheurs, sociologues et scientifiques data a révélé son impact négatif sur leur santé mentale. «Nous empirons le rapport à son corps d’une ado sur trois», précisait une diapositive du réseau social diffusée lors d’une réunion interne en 2019.

Ces experts indiquent que les adolescents sont certes conscients que l’application est mauvaise pour leur santé mentale mais qu’ils sont obligés de la consulter de peur de manquer une tendance culturelle ou sociale. L’article révèle en outre que les responsables de ce réseau social n’ont pas suivi les recommandations des enquêteurs, qui proposaient de réduire l’exposition au contenu mode et privilégier plutôt les posts des amis proches. Pour eux, cela dénaturerait le concept même d’Instagram: instaurer une compétition photogénique.

Dans ce ring virtuel, tout le monde ne boxe pas dans la même catégorie. Les influenceurs y dictent leur loi. Ces stars, suivies par des centaines de milliers d’abonnés, sont considérées comme des experts de la mode et des références de la beauté. Et beaucoup de leurs abonnés rêvent de leur rassembler.

Tous les moyens sont bons, à leurs yeux, pour arriver à leur fin. Quitte même à suivre un régime alimentaire spécifique au risque de tomber dans l’anorexie, voire pire. «Cette recherche effrénée d’un bien-être que l’on n’arrive pas à obtenir (…) aboutit immanquablement à des troubles psychologiques, parfois même à de véritables pathologies psychiatriques lourdes», explique-t-il.

Certains vont même jusqu’à se suicider après avoir essuyé des moqueries de leurs abonnés sur leurs publications. Ce qu’ils ignorent peut-être, c’est que ces influenceurs qu’ils idolâtrent sont de véritables businessmen dont certains toucheraient même jusqu’à 25.000 dirhams par post au Maroc. Un marketing publicitaire qui flirte la plupart du temps avec le mensonge pour séduire leur public. Au grand dam de leurs suiveurs.

Articles similaires