Insécurité à Casablanca: La police a du boulot

Selon la DGSN, 52.406 personnes ont été arrêtées dans la métropole durant les cinq premiers mois de l’année 2019.

Il règne depuis plusieurs années à Casablanca un sentiment d’insécurité avec la multiplication des agressions, vols, cambriolages, viols ou autres homicides. Il ne s’agit pas que d’un sentiment puisque les chiffres l’attestent: la capitale économique du Maroc figurait, en 2017, au 13ème rang des villes les plus dangereuses d’Afrique et sur le podium en ce qui concerne le monde arabe. Les Casablancais se plaignent de ne voir les agents de forces de l’ordre que dans les carrefours pour gérer la circulation et ont le sentiment d’être livrés aux bandes de voyous qui sèment la terreur dans la ville.

Aujourd’hui, la situation semble ne pas avoir bougé d’un iota sans que les autorités ne communiquent sur ce phénomène. Dès lors, fallait-il un post sur le réseau social Facebook pour que la Direction générale de la Sûreté nationale nous livre les chiffres de la situation sécuritaire à Casablanca? Toujours est-il que la DGSN a saisi la balle au bond après une publication évoquant l’insécurité dans la capitale économique du Royaume.

Criminels dans la nature
Le premier enseignement des cinq premiers mois de l’année 2019 est que les policiers casablancais ne manquent pas de travail. Ainsi, 52.406 personnes ont été arrêtées dans la métropole durant cette période. 10.289 d’entre elles faisaient l’objet d’un avis de recherche au niveau national. L’insécurité est donc bien présente à Casablanca, même si la DGSN semble vouloir la minimiser.

«Les délits accompagnés de violence, et qui sont liés directement au sentiment de sécurité chez le citoyen, représentent seulement 11,43% du paysage général du crime», selon notre source. Ces délits sont en baisse de 19,5% par rapport à la même période de l’année dernière. Cependant, seulement 81% de ces affaires sont résolues, ce qui implique que plusieurs centaines de criminels se baladent encore dans la nature. En ce qui concerne le vol sous toutes ses formes, les chiffres indiquent une baisse de 21,8%. Mais tout ne va pas pour le mieux pour les citoyens casablancais. En effet, la DGSN note que le nombre d’affaires liées aux drogues et aux psychotropes a enregistré une hausse de 36%, avec un total de 11.309 affaires, contre 8.327 au cours de la même période de l’année 2018.

Les autorités expliquent que cette hausse est due en grande partie à «l’intensification des interventions sécuritaires visant à lutter contre la possession et la consommation de drogues, notamment l’ecstasy et les comprimés psychotropes». La DGSN souligne qu’elle va poursuivre ses opérations en matière de lutte contre la criminalité et va renforcer la couverture sécuritaire de manière à garantir la sécurité des citoyens et la sûreté de leurs biens.

Il y a urgence à réagir efficacement, à court et à long termes, afin de ne pas subir les mêmes maux que d’autres pays émergents comme le Brésil et le Mexique, où le taux de criminalité est vertigineux. Les chiffres dévoilés par la DGSN doivent inciter les responsables au sein des ministères et au sein des services de la police et de la justice à prendre les mesures qui s’imposent en termes de moyens et de politiques criminelles.

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