Inondations à Casablanca : la fuite en avant hasardeuse de Abdelaziz El Omari

En jetant la responsabilité entière des dernières inondations sur le gestionnaire délégué Lydec, le maire de Casablanca, Abdelaziz El Omari utilise son ultime cartouche pour essayer de se disculper de sa gestion catastrophique de la métropole. A travers ses sorties médiatiques, notamment chez des sites d’information proches du PJD, El Omari ne ménage aucun effort pour tirer à boulets rouges sur Lydec, se victimiser, sans daigner assumer ses responsabilités et sa mauvaise gouvernance.

La campagne électorale a déjà commencé. L’intervention de Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca, jeudi 7 janvier 2021 à 2M, invité pour répondre de sa gestion catastrophique de la métropole et les inondations qui ont frappé, encore une fois, la ville, a été, le moins que l’on puisse dire, une mise en scène abracadabrante d’une campagne électorale précoce. Sa stratégie de communication politique a été axée autour de 3 principaux points: «ce n’est pas de ma faute, je suis victime comme vous, le diable n’est que cette entreprise française Lydec.»

Si la responsabilité du gestionnaire déléguée Lydec pourrait être avérée dans cet incident, le premier responsable politique est le maire Pjidiste Abdelaziz El Omari. Son intervention irresponsable et vide de sens nous rappelle la fameuse posture de l’ex-Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, se présentant toujours comme victime «d'un système pourri et corrompu», faisant face à des «crocodiles et démons» l’empêchant de travailler. Ici le démon a été expressément cité par El Omari. «Le premier responsable, c’est Lydec. J’invite tous les Casablancais victimes de ces inondations à adresser des réclamations et demandes d'indémnisation à Lydec», lance-t-il. C’est ce qu’on appelle une fuite en avant.

Et quel est votre rôle Ssi El Omari, cher maire de Casablanca, ancien ministre PJD? N’êtes-vous pas censé contrôler et superviser les contrats de gestion déléguée? Répondant à la journaliste de 2M, El Omari a indiqué que son rôle principal est de transmettre les doléances des citoyens et que ce vendredi 8 janvier 2021, une réunion sera tenue avec Lydec pour, bien sûr, lui transmettre les réclamations des Casablancais. Une commission d’enquête sera par la suite mise en place.

Faut-il lui rafraîchir la mémoire et lui rappeler qu’il n’est plus dans l’opposition? Et qu’il gère, vraisemblablement, depuis 6 ans, le Conseil de la commune urbaine de Casablanca. Et pourquoi attendre 4 jours avant tenir une réunion «d’urgence»? «Notre agenda ne nous permettait pas de la tenir avant», rétorque-t-il fièrement, les yeux bien écarquillés. Casablanca se noie, circulez, il n’y a rien à voir.

Irresponsabilité et victimisation

Jusqu’à quand les Casablancais, les Marocains, devront-ils encore subir l'incompétence, l'amateurisme, le manque d'expérience et l'ego sudimensionné de ce parti politique. En menant sa croisade contre Lydec, El Omari essaie désespérément, dans une dernière tentative hasardeuse, de se laver les mains de 6 longues années de mauvaise gouvernance du poumon économique du pays. Même un discours royal sur les failles de cette gouvernance à Casablanca n’a pas été convaincant pour ces mauvais gouvernants de se remettre en question.

Des milliards de dirhams d’investissements pour des projets qui tardent encore à voir le jour, des problèmes au niveau de tous les secteurs vitaux (transport public, éclairage, assainissement, gestion des déchets), sans oublier l’absence des espaces verts, marchés publics douteux… et pour couronner ce feuilleton de gabegie, El Omari a plombé le budget de la ville, endettant les Casablancais de plusieurs milliards auprès, notamment, de la Banque mondiale.

Comme Casablanca, Fès n’a pas dérogé à l’incompétence et l’entêtement hautain des maires Pjidistes. Driss El Azami El Idrissi devenu persona non grata à Fès, traîne derrière lui une batterie de casseroles. La dernière en date, sa solution Fès Parkings, une solution qui aura de graves incidences, notamment sur le taux de chômage de la ville à cause de la mise au chômage d’un millier de gardiens de voitures.

Seul contre tous, El Azami s’est défendu en adoptant la seule posture, révolue, de ses confrères: la victimisation. Selon lui, ce sont «les gauchistes» qui veulent sa peau. A Tanger, Marrakech, Agadir… c’est la même histoire qui se répète. Et ce sont les citoyens qui en sont les premières victimes. A Casablanca, l’impact économique des inondations est énorme. Le manque à gagner pour le poumon économique du Maroc est assez conséquent, surtout en ces périodes de crise.

La pluie a été salutaire pour les petits agriculteurs. Une baraka divine qui a cependant mis à nu la mauvaise gouvernance de nos élus. Des infrastructures et chaussées, des projets budgétivores, réalisées sous le mandat d’El Omari, se sont, en quelques heures d’averses, écroulées. Va-t-il, comme pour Lydec, initier une commission d’enquête pour évaluer les responsabilités? Ou va-t-il encore faire l’autruche et crier au complot?


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