L'initiative citoyenne OTED enrichit le débat sur les chantiers de l’adaptation climatique au niveau des territoires

Si le changement climatique est un fait et que les pays du sud en subissent les conséquences les plus directes, au niveau de nombreux territoires, des projets sont en cours pour s’y adapter via des modèles de résilience propres au lieu de se contenter d’en compter les dégâts. Comment? C’est la question à laquelle l’initiative citoyenne OTED a tenté de répondre en organisant, jeudi 14 avril 2022, sa 4ème édition Parlons Territoires sous le thème: «Territoires: les chantiers de l’adaptation climatique». Ce débat passionné et surtout riche en enseignements a été marqué par la participation de nombreux experts, dont Quentin Ballin, responsable d’équipe projet, division agriculture, développement rural et biodiversité, Agence française de développement, Mouna Mseffer, journaliste et co-auteur de «Maroc: justice climatique, urgences sociales», docteur Ibrahim Hafidi, directeur général de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), Faissal Sehbaoui, directeur général d’AgriEdge, Ahmed Baroudi, directeur général de la Société d’investissements énergétiques, et Nadia Lamili, chargée de mission à OCP Group.

Pour Dr Ibrahim Hafidi, chaque territoire est appelé à établir un diagnostic de vulnérabilité qui lui permettra d’identifier les risques liés au changement climatique et de repérer les changements à opérer. Concernant les zones oasiennes, il a rappelé que le volume des investissements publics dans les zones oasiennes et de l’arganier s’est élevé à 105 milliards de dirhams, dépassant le montant prévu par la stratégie de développement (2012-2020), qui est de 92 milliards de dirhams. Ce qui montre l’impact grandissant du changement climatique et l’importance d’agir rapidement. Dans la même ligne, Nadia Lamili, chargée de mission à l’OCP, a souligné qu’«il s’agit de continuer à vivre avec ces nouvelles conditions climatiques en prenant des décisions et des actions tant au niveau des politiques publiques que des secteurs privés et des tiers lieux. Lesquelles solutions nécessitent l’élaboration de schémas d’ingénierie propres à chaque territoire car il y a rarement une solution unique, mais une composition, une réorganisation et des réponses locales faisant appel à l’innovation».

Pour sa part, Faissal Sehbaoui, directeur général d’AgriEdge, a insisté sur le fait que les nouvelles technologies qui associent le digital et l’intelligence artificielle sont à prendre en considération pour juguler les effets de la sécheresse, notamment dans le secteur agricole, en plus, bien entendu, d’une gestion rationnelle de la ressource eau.

Le Maroc est l’un des rares pays africains qui sont fortement impliqués dans les efforts onusiens pour un développement durable et l’atténuation des émissions du gaz à effet de serre. Le Plan Climat National (PCN) 2030, mené par le ministère de l’Energie, des Mines et de l’Environnement, prévoit la mise en place de Plans Climats Régionaux (PCR) adaptés à la politique de Régionalisation. En 2020, des études pour l’élaboration de 7 Plans Climats Régionaux ont été lancées au profit des régions de Beni Mellal Khenifra, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Casablanca-Settat, Draa-Tafilalet, l’oriental, Guelmim-Oued  Noun et Laâyoune-Sakia EL Hamra. Mais cette vision n’est pas encore suffisamment prise en compte dans les politiques locales. Ces efforts sont soutenus par des initiatives louables et efficaces du groupe OCP, dont l’engagement pour le climat n’est plus à démontrer.