Ingérence Iranienne au Sahara: Téhéran se voile la face

Face aux preuves apportées par le Maroc de son implication dans le différend saharien, la République islamique continue de n’apporter que des démentis creux.

Les accusations portées par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à l’encontre de l’Iran de chercher à déstabiliser le Maroc n’ont, pour le moins, pas plu au régime de la République islamique. Cette dernière, par le biais du porte-parole de son gouvernement, Saeed Khatibzadeh, a fait savoir dans un communiqué publié le 8 mai 2021 que son pays était victime d’“allégations” de la part du Royaume. “Il est regrettable que le gouvernement du Maroc, qui occupe actuellement la présidence du Comité Al-Qods, détourne l’attention de la question brûlante du monde musulman, à savoir la lutte contre l’agression contre Al-Qods Acharif et la défense des droits du peuple palestinien, à un moment où le monde islamique a plus que jamais besoin d’unité et de solidarité,” a-t-il déclaré.

Déstabilisation de la région
Et d’accuser Rabat d’être “incapable de régler ses propres problèmes régionaux”, en faisant vraisemblablement référence au conflit avec l’Algérie autour de la région du Sahara. Pour rappel, c’est au cours de sa participation à une interview, le 5 mai 2021, pour le compte de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), un des principaux lobbys pro-israéliens des États-Unis, que M. Bourita avait de nouveau mis en cause Téhéran d’être en relation, par le truchement de l’organisation chiite libanaise du Hezbollah, avec le mouvement séparatiste sahraoui du Front Polisario; relation qui avait amené, en mai 2018, le Maroc à rompre toute relation avec la capitale iranienne, et ce moins de quatre ans après avoir repris langue avec elle suite à une première brouille qui, elle, avait duré plus de cinq ans.

“[L’Iran] a non seulement fourni des armes au Polisario mais il a également dispensé des formations militaires à ces milices pour procéder à des attaques contre notre intégrité territoriale,” avait révélé, devant l’AIPAC, M. Bourita. Et de s’élever contre le fait que “très actif en Afrique de l’Ouest, l’Iran constitue un vrai danger pour l’Afrique notamment en utilisant le conflit du Sahara marocain pour déstabiliser la région”.

À souligner que dans son démenti, M. Khatibzadeh n’a pas apporté la moindre preuve de l’absence d’ingérence iranienne dans le conflit du Sahara marocain, comme s’en était également montré incapable le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Djavad Zarif, lorsque M. Bourita lui avait rendu visite à Téhéran pour s’entretenir avec lui et en particulier le questionner sur les données accumulées par la Direction générale d’études et de documentation (DGED) impliquant le conseiller culturel de l’ambassade d’Iran à Alger, Amir Moussaoui, dans des ventes et achats d’armes entre son pays et le Polisario.

Ce dernier aurait, comme l’avait à l’époque révélé l’hebdomadaire français Jeune Afrique, en fait joué un rôle majeur dans le fait que les milices séparatistes aient obtenu des missiles Sam 7, 9 et 11 ainsi que des lance-roquettes, dont certains auraient été utilisés au cours des derniers mois contre les Forces armées royales (FAR) suite à la rupture unilatérale du cessez-le-feu décrété le 14 novembre 2020 par l’organisation dirigée par Brahim Ghali.

Par le biais de son représentant en Europe, Oubi Bouchraya, le Polisario a, soit dit en passant, également nié tout “soutien militaire iranien” en faveur de son mouvement, qualifiant même les propos de M. Bourita de “blagues qui n’impressionnent personne”. Mais là aussi sans produire de contre-preuves.

Articles similaires