Un collectif d'ingénieurs marocains s'organise contre la pandémie

Ingénierie vs. Covid-19, le combat par l'industrie 4.0

Face à la pandémie de Covid-19, le collectif “Ingénierie vs. Covid-19” a mis en place un réseau de fabrication de boucliers faciaux et de systèmes de respiration 100% marocains, sans autre motivation que de servir son pays.

Les autorités marocaines ne cessent de déplorer, depuis plusieurs décennies, la fuite des compétences. Mais c’est oublier qu’un certain nombre de ces dernières restent au Maroc et que, même, elles ne manquent jamais de se mettre au service de leur pays quand le il faut, comme lors de la pandémie de Covid-19 qui le touche depuis le 2 mars. Guidés par leur seul patriotisme et sans chercher à obtenir le moindre bénéfice financier, quelque 200 ingénieurs se sont rassemblés dans un collectif baptisé du nom très parlant d’“Ingénierie vs. Covid-19”, tant ses membres sont décidés à confronter la maladie.

Prototype open source
Organisés en réseau, ils ont réussi en quelques jours seulement à mettre en place des unités pour fabriquer le matériel et les équipements nécessaires dans la lutte contre la pandémie, tels les boucliers faciaux et les systèmes de respiration, qu’ils soient électroniques ou mécaniques. Ces unités sont pour l’heure basées à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger, et d’autres doivent incessamment voir le jour à Laâyoune ou encore Guelmim. Pour ce qui s’agit par exemple des boucliers faciaux, de 100 à 150 sont produits en moyenne par heure dans chaque unité, et l’objectif d’“Ingénierie vs. Covid-19” est qu’à l’avenir quiconque dispose d’une imprimante 3D puisse en faire pour ses proches, ce qui permettrait en même temps de limiter les contacts inhérents aux processus de fabrication traditionnels et respecter ainsi les mesures de confinement décrétées par le gouvernement dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire en cours depuis le 20 mars.

Khalid Ezzemani, ingénieur d’Etat arts et métiers de formation et un des deux initiateurs d’“Ingénierie vs. Covid-19” avec Naïm Bentaleb, cofondateur et managing partner du cabinet de recrutement “Xpertize Africa”, explique que le collectif a dans ce sens développé un prototype “open source”, c’est-à-dire libre d’utilisation, qui pourrait même supplanter celui de la start-up chilienne “Copper3D”, considéré comme le meilleur sur le marché actuellement mais qui resterait toutefois étanche et pas assez ergonomique. Principal obstacle, toutefois: le peu de ressources en matière de matériel, à savoir notamment le plexiglas, le filament PLA et la résine médicale.

“Nous avons, Dieu merci, pu en obtenir une certaine quantité, grâce à de généreux donateurs qui nous permettent de disposer désormais d’une véritable chaîne d’approvisionnement, mais nous aimerions bien que le ministère de l’Industrie et celui de la Santé, que nous avons d’ores et déjà contactés, fassent un petit geste en notre direction,” indique M. Ezzemani.

Ce dernier, qui ne jure dans ses propos que par la quatrième révolution industrielle ou industrie 4.0 proclamée en 2016, dans son livre éponyme, par le président du Forum économique mondial (FEM) Klaus Schwab, est confiant qu’“Ingénierie vs. Covid- 19” saura être à la hauteur de la tâche qu’il s’est fixée et faire en sorte que le Maroc soit fier de ses ingénieurs. “Ce que nous voulons avant tout, c’est servir notre pays du mieux que nous pouvons,” conclut M. Ezzemani.


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