Quand l'informatique marocaine défie le COVID-19

Des solutions made in maroc pour gérer plus efficacement les épidémies

Une équipe de recherche de la FST de Mohammédia a développé quatre solutions informatiques pour parer aux épidémies de l’acabit du Covid-19.

Il y a quelques semaines de cela, Azedine Boulmakoul accordait à un journal électronique de la place des déclarations au sujet d’une solution informatique que lui et trois de ses étudiants anciens et présents avaient mise au point pour suivre en temps réel les développements dans une ville affectée par une épidémie de l’acabit du Covid-19.

Et ce dont cet enseignant-chercheur actif depuis plus de 26 ans à la Faculté des sciences et techniques (FST) de Mohammédia se souvient le plus, c’est les commentaires au-dessous de l’article publié dans la foulée, élogieux quant à la solution informatique mais aussi et surtout eu égard à son investissement personnel et celui de son équipe pour aider à lutter contre la pandémie. «Cela m’a, franchement, fait chaud au coeur,» confie-t-il, non sans une pointe d’émotion dans la voix.

Pour autant, Pr Boulmakoul n’a jamais cherché à s’attirer la sympathie du public ni encore moins les feux des projecteurs, bien que son pedigree l’y appellerait: en plus de trente ans de carrière, il a publié plus de 350 articles que ce soit dans des revues spécialisées ou dans le cadre de communications données à l’occasion de conférences, en sus d’une douzaine de brevets, ce qui en fait un des chercheurs les plus prolifiques du Royaume, toutes disciplines confondues.

Et cette «prolificité», si l’on peut l’appeler ainsi, elle s’est donc notamment montrée au cours de la pandémie actuelle avec la solution informatique mentionnée plus haut et qui, en fait, avec trois autres solutions forme ce que Pr Boulmakoul appelle un «écosystème réactif holistique de pilotage et de monitoring de la propagation du Covid-19». «Ce sont des solutions complémentaires, qui, mises l’une avec l’autre, peuvent permettre aux autorités d’un pays, et en l’espèce celles du Maroc, de gérer plus efficacement une épidémie comme celle du Covid-19,» précise Pr Boulmakoul.

“Un travail d’équipe”
Ainsi, l’écosystème prévoit également d’analyser la façon dont l’épidémie peut se diffuser et, à partir de là, établir des modèles de confinement/ déconfinement. Et surtout, important pour les journalistes, il est aussi question de surveiller les «fake news». «Nous croyons fermement que l’arrêt de l’infodémie est un sujet de la même priorité que la recherche d’un remède ou d’un vaccin contre le virus,» soulignait, à cet égard, un communiqué en date du 16 mai de l’Université Hassan-II de Casablanca, de laquelle relève la FST de Mohammédia, annonçant la finalisation de l’écosystème.

Le brevet sanctionnant ce dernier a, lui, été déposé dès le 27 avril auprès de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC), et à cet égard Pr Boulmakoul a tenu à nommer chacun de ses collaborateurs, à savoir Mohamed Nahri, Wadii Basmi, Soufiane Maguerra, Aziz Mabrouk et Ghyzlane Cherradi, en plus de l’association Innovative Open Spatial Information Systems (IOSIS), qu’il avait fondée en septembre 2011 et préside depuis lors et qui vise à promouvoir la recherche et le développement de systèmes d’information géographique innovants au Maroc.

«Il s’agit, in fine, d’un travail d’équipe,» commente le professeur, dont par ailleurs une autre solution informatique, celle-ci intéressant le domaine de la sécurité routière et plus précisément le risque d’accidents piétons, vient de se voir octroyer ce 18 mai un financement de la part de l’Etat.


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