Industrie militaire : Quelles sont les armes que va fabriquer le Maroc ?

Après l’approbation du décret portant création de deux zones d’accélération industrielle, lors du conseil des ministres tenu samedi 1er juin 2024 sous la présidence du roi Mohammed VI, le Maroc a franchi une nouvelle étape dans sa trajectoire d’industrialisation


Ayant fait son entrée dans le circuit législatif depuis 2020, cette démarche stratégique a fini par se concrétiser tout juste à la moitié de l’année en cours. Quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi 10.20 relative aux matériels et équipements industriels, le Maroc s’engage désormais dans une voie qui lui confère une position stratégique sur le continent africain, compte tenu du volume d’investissements déployés ces dernières années pour se doter d’importantes plateformes et infrastructures industrielles de pointe. Contacté par Maroc Hebdo, Nizar Derdabi, expert en défense et sécurité, nous explique que la stratégie marocaine prévoit que ces zones industrielles offrent un cadre optimal pour le développement d’une industrie de défense nationale. ‘‘Les infrastructures modernes et sécurisées au niveau national attireront les investisseurs et les partenaires technologiques’’, souligne-t-il.

Maintenant que le cadre réglementaire et juridique a été mis en place, le démarchage des investisseurs représente une étape importante dans le cycle de réalisation de ce chantier qui verra le jour dans des emplacements qui resteront méconnus. ‘‘Ces zones permettront aux futurs fabricants d’armement et d’équipements de défense installés au Maroc de produire dans un environnement protégé et sécurisé, à l’abri des risques d’actes malveillants ou d’espionnage industriel’’, précise M. Derdabi. Si aucune information n’a pour l’heure fuité concernant le lieu d’implantation de ces unités industrielles, l’on sait au moins le type d’équipements militaires qui seront initialement produits sur le sol marocain.


En effet, d’après les informations relayées par des médias étrangers, la fabrication de drones militaires est le créneau industriel qui sera prochainement mis sur les rails. Interrogé à ce sujet, M. Derdabi explique ce choix par le fait que les drones représentent l’arme de rupture stratégique par excellence sur les différents théâtres d’opérations à travers le monde. Pour lui, le Maroc pourra également produire d’autres types d’équipements militaires, notamment en se basant sur le savoir-faire déjà existant dans le secteur automobile. ‘‘Les acquis dont dispose le Royaume peuvent être transposé pour fabriquer des véhicules de combat’’, étaye-t-il.

Impératifs militaires
Hormis les industries de haute technologie telles que les avions de chasse, les navires de guerre, les blindés…, le Maroc peut envisager une large gamme de matériel militaire dans le cadre du développement de son industrie de défense, comme par exemple les armes légères et lourdes, du matériel optronique, de la munition de petit et moyen calibre, des moyens de transmission jusqu’aux accessoires, l’habillement et le matériel de protection des militaires, énumère l’analyste militaire.

Le développement par le Maroc de sa propre industrie de défense renforcera sa souveraineté en la matière. ‘‘Dans un contexte de conflit généralisé, les pays sans industrie de défense seraient vulnérables face à une agression armée étrangère’’, analyse M. Derdabi. Le lancement du chantier d’une industrie militaire souveraine répond aussi à des impératifs strictement militaires. ‘‘Actuellement, les Forces armées royales (FAR) dépensent des budgets importants pour acheter de l’armement et des équipements conçus par des entreprises étrangères’’, relève-t- il. Le hic est que ces armes sont adaptées en priorité aux besoins de leurs propres armées. ‘‘Produire une partie de son armement, évitera d’acheter du matériel « sur étagère » conçu pour d’autres armées avec des doctrines et des besoins différents’’, conclut cet ancien haut gradé de la Gendarmerie royale.

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