Évolution des principaux indicateurs financiers des banques cotées en bourse en 2020

Les banques font preuve de résilience

L’analyse des résultats annuels 2020 des banques cotées en bourse montre que ce secteur a pu se démarquer grâce à la résilience de son activité, malgré le contexte économique marqué par une crise sans précédent.

Malgré la baisse du chiffre d’affaires global de la cote casablancaise qui s’est située à 5,2%, les banques marocaines cotées à la bourse de Casablanca ont, elles, affiché en 2020 un produit net bancaire en hausse de 3,5% à 65, 4 milliards de dirhams. Le résultat d’exploitation du secteur a chuté de 52,1% à 10,88 milliards de dirhams. De son côté, la masse bénéficiaire a baissé de 55,9% à 5,4 milliards de dirhams. La hausse du coût de risque globale des banques cotées a atteint 139,8% en 2020.

La progression du PNB du secteur s’explique, selon certains analystes, par «l’orientation favorable des crédits». Le secteur bancaire a en effet profité du «lancement des plans de relance sectoriels et des offres «Damane Oxygene » et «Damane Relance».

Par contre, l’impact de la crise est énorme sur les bénéfices des banques. Ceux-ci se sont dégradés à cause des dons au fonds spécial Covid-19 et la hausse du coût du risque de près de 140% à 17,7 milliards de dirhams en 2020 contre 7,4 milliards de dirhams en 2019. C’est le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) qui a connu la plus forte hausse du coût du risque (+298,8%). En face, le coût du risque de Bank of Africa (BoA) n’a augmenté que de 57,2%. La hausse du coût du risque diffère d’une banque à l’autre.

Une activité en croissance
En effet, les banques, qui ont beaucoup provisionné et qui connaissent une forte hausse du coût du risque en 2020, vont réaliser des reprises au cours des années prochaines, ce qui aura un impact positif sur leurs résultats, surtout à partir de l’année 2022.

C’est la Banque Centrale Populaire (BCP) qui a enregistré la plus forte hausse (en volume) du PNB. Celui-ci est passé de 17,81 milliards de dirhams à 19,28 milliards de dirhams en 2020, progressant ainsi de 1,47 milliard de dirhams (+8,3%) en comparaison avec l’exercice 2019. «Cette performance s’explique en grande partie par l’effet périmètre lié à l’intégration des nouvelles banques récemment acquises. Comme indiqué par la banque, hors intégration de ces filiales, la hausse du PNB serait en croissance de 2,6%, suivant ainsi la même tendance des autres banques de la place».

Du côté de l’évolution du RNPG, c’est Attijariwafa bank (AWB) qui affiche la baisse la moins importante (-48,1%) en comparaison avec les autres banques et ce, malgré une hausse de 243,2% de son coût du risque. Les fonds propres des banques cotées sont restés quasi-stables en s’affichant dans le vert, à l’exception du CIH dont les fonds ont baissé de 5,7%. AWB, CIH et CDM (Crédit du Maroc) ont déjà annoncé les dividendes à distribuer au titre de l’exercice 2020.

Attijari compte distribuer 11 DH contre 13,5 DH au titre de 2019 (-18%), le CIH distribuera 8 DH contre 14 DH (-43%) et CDM 4,55 DH contre 18,7 DH (-75%). «La baisse des dividendes à distribuer par la banque s’explique naturellement par la dégradation de leur bénéficies». Les autres banques cotées n’ont toujours pas communiqué sur les dividendes à distribuer.