L'Inde, un allié stratégique pour le Maroc

SAHARA, DOSSIER LIBYEN…

La relance du partenariat stratégique avec l’inde, qui revendique plus que jamais son statut de membre permanent au Conseil de sécurité, est d’un soutien inestimable au Maroc par rapport au dossier du Sahara et à son intermédiation dans la crise libyenne.

En ces temps de crise sanitaire mondiale marquée par les incertitudes, l’Inde apparait comme un allié stratégique de premier plan pour le Maroc, non seulement en raison de son poids démographique, géopolitique et économique, mais aussi et surtout par rapport à sa nouvelle stature politique. Deux postulats confortent cette perception: L’inde vient d’être réélue, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies de ce mois d’octobre 2020, membre non permanent pour la période 2021-2022 au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.

Mieux, ce géant asiatique saisit cette confiance multipartite ou multiétatique renouvelée pour revendiquer plus que jamais un statut permanent. L’entretien en visioconférence, tenu le jeudi 22 octobre 2020, entre Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et son homologue indien, Subrahmanyam Jaishankar, a consolidé certes cette volonté des deux parties de raffermir les relations bilatérales dans différents domaines (cyber- sécurité, pharmaceutique…) mais il a surtout conforté la position du Maroc par rapport à deux dossiers très importants. L’Inde peut être d’un appui inestimable en ce moment particulier dans les dossiers du Sahara et libyen, qui connaissent une ingérence malveillante du pouvoir algérien visant à saboter leur processus.

Solution pacifique
S’agissant de l’intégrité territoriale du Royaume, New Delhi a exprimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, son soutien aux efforts du Secrétaire général des Nations-Unies visant à parvenir à une solution politique réaliste, durable, négociée et acceptable d’un commun accord.

L’appui de l’Inde, une fois portée au Conseil de sécurité de manière permanente, contribuera à accélérer le dénouement politique de cette affaire surtout que la dernière résolution du Conseil de sécurité a non seulement cautionné les paramètres des négociations identifiés depuis 2007 mais en plus a invité l’Algérie à s’impliquer dans le processus de table ronde comme étant un des acteurs du dossier clairement identifiés à l’instar du Maroc, du Polisario et de la Mauritanie.

Par rapport au dossier libyen, et tenant compte du processus politique avancé du dialogue inter-libyen à Bouznika, M. Jaishankar a salué l’engagement résolu et constructif du Maroc avec toutes les parties libyennes depuis le début de la crise, et sa contribution aux efforts de l’ONU visant à trouver une solution pacifique par le biais d’un processus politique mené par les Libyens et pour les Libyens.

L’Inde peut aussi fédérer plusieurs pays de sa région aux côtés du Maroc aussi bien dans le dossier libyen que dans le différend régional autour du Sahara. En dehors de ces deux dossiers épineux, les relations entre les deux pays ont été portées à un nouveau palier pendant la pandémie de Covid-19. L’on se rappelle encore lorsque l’Inde a facilité l’exportation des médicaments (chloroquine, notamment) au Maroc au moment où beaucoup d’Etats ont adopté la politique de «chacun pour soi».

Tout compte fait, cet échange de bons procédés illustre l’élan et la dynamique insufflés aux relations bilatérales depuis la visite historique du Roi Mohammed VI en Inde, en octobre 2015, et sa rencontre avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, au cours de laquelle ils ont notamment convenu de hisser le niveau de ces relations à un partenariat stratégique.


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