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Incendies de forêts au nord du Maroc : Nos responsables et élus aux abonnés absents !

Nos responsables gouvernementaux et locaux ne se sont pas déplacés sur les lieux des incendies, ne serait-ce que pour réconforter les victimes qui se sont retrouvées dans la rue comme des sans-domicile-fixe ou du moins les équipes de soldats du feu qui bravent courageusement la mort pour sauver des vies humaines.

Un mort, des dizaines de blessés, des centaines, voire des milliers, de sansabri, 6600 hectares de forêts et de terres arables partis en fumée… C’est le bilan tragique provisoire des incendies qui ravagent encore, depuis le 14 juillet 2022, le nord du Royaume, et plus précisément les villes de Larache, Ouezzane, Tétouan, Taza et Chaouen.

Mais on dirait que ce drame n’est pas assez poignant pour faire réagir, comme cela se passe chez nos voisins de l’autre rive de la Méditerranée, notre Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, qui a pourtant trouvé le temps d’assister au Festival Timitar, à Agadir, avant d’être hué par le public ou encore notre ministre de l’Intérieur, Abdelouahed Laftit. Parbleu, où sont les partis de l’opposition ou encore les élus locaux que la terre a, semble-t-il, engloutis?

Ils ne se sont pas déplacés sur les lieux des incendies, ne serait-ce que pour réconforter les victimes qui se sont retrouvées dans la rue comme des sans-domicile- fixe ou du moins les équipes de soldats du feu qui bravent courageusement la mort pour sauver des vies humaines. Ils n’ont pas fait de déclarations publiques à ce sujet non plus. Mais pourquoi donc? Nous ne sommes pas plus intelligents que nos voisins européens pour lesquels la moindre vie humaine compte et pour la préservation de laquelle ils sont même prêts à aller en guerre.

En Espagne, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a réagi, dimanche 17 juillet 2022, sur Twitter, disant partager la peine et donnant son «affection à la famille et aux collègues du brigadier qui est mort cette nuit en travaillant à l’extinction de l’incendie à Ferreruela de Tábara ». En France, en Espagne, au Portugal et en Grèce, les incendies font rage. Et les responsables gouvernementaux et départementaux sont, tout le temps, mobilisés pour communiquer, agir et trouver des solutions. Hélas, chez nous, nos responsables ne font montre d’humanisme que pendant les campagnes électorales. Ils vont jusqu’à partager avec des citoyens lambda de leurs circonscriptions un bol d’escargots ou quelques figues de barbarie. Bien entendu, leurs photographes attitrés sont juste derrière pour immortaliser le moment.

Sous un autre angle, les conséquences des incendies qui se propagent encore dans le nord du Royaume seraient largement minimisées si le Haut-Commissariat aux Eaux et aux Forêts nettoyait les forêts des feuilles mortes et de la brousse facilement inflammables, et créait assez de «couloirs de feux» susceptibles de freiner la propagation des incendies.

Ce n’est pas tout. Gouverner, c’est prévoir. A-t-on entendu parler du risque d’incendie de forêt qui est censé trouver la place qui lui revient dans les dispositifs de prévention, compte tenu de l’ampleur du phénomène, de la fréquence annuelle des incendies et de la nécessité de maîtriser l’urbanisation dans les forêts sensibles aux incendies et à leurs abords? Les vagues de sécheresse s’abattent de manière systématique sur le Maroc. Les incendies de forêts sont fréquents et surviennent chaque année. N’a-t-on pas appris la leçon pour éviter que de tels désastres et drames ne se reproduisent? Il est temps de définir les responsabilités et de faire enclencher le mécanisme de la reddition des comptes.

En Europe, à cause de la non-prévention des incendies de forêts, des ministres démissionnent. Parfois, on les pousse à démissionner. Au Maroc, les responsables concernés sont immuables et épargnés. Les enquêtes lancées n’aboutissent jamais. Et pour faire taire l’opinion publique ou détourner son attention, on lui jette un «bouc-émissaire» de temps à autre.

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