L'inarrêtable Khadija El Mardi sur le toit du monde

La boxeuse marocaine remporte le championnat du monde et vise désormais les JO


Première boxeuse africaine et arabe à remporter le championnat du monde de boxe, Khadija El Mardi continue d’étoffer son palmarès orné de médailles. Un parcours qui n’aurait pas été possible sans le mental de fer dont la pugiliste a toujours fait preuve lors des moments difficiles.

Mercredi 29 mars 2023 matin, au terminal d’arrivée numéro 1 de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, un groupe de voyageurs à peine arrivé d’Inde attire particulièrement l’attention. Au milieu des cette demi-douzaine d’hommes vêtus en survêtement aux couleurs du Maroc, une femme à la corpulence imposante se démarque: épaules enveloppés du drapeau national, médaille d’or autour du cou, et couronne de fleurs sur la tête. Khadija El Mardi est de retour dans son pays après avoir remporté, dimanche dernier à New Delhi, le titre de championne du monde des poids lourds (+81kg), en battant la Kazakhe Kungeibayeva Lazzat, championne du monde en 2016.

Massivement encensée et admirée sur les réseaux sociaux suite à son sacre mondial, la pugiliste, devenue une véritable héroine nationale, se fait rapidement encercler par une foule en extase, venue célébrer la première femme arabe et africaine à réaliser une tel exploit. “Cette médaille d’or est le fruit de la conjugaison des efforts de toutes les composantes de la Fédération royale marocaine de boxe (FRMB), dont le staff technique qui l’a encadrée et préparée à ces joutes”, déclaret- elle à la presse.


Et des efforts, Khadija El Mardi a dû en fournir, beaucoup, tout au long de sa carrière en dent de scie. Née à Casablanca le 1 février 1991, cette maman de trois enfants a souvent été obligée à puiser dans la souffrance et la douleur pour rebondir, comme ce fut le cas en octobre 2014. Ce jour-là, la boxeuse remporte un combat important et se qualifie en demi-finale du Championnat international de Mohammed VI à Marrakech, mais perd sa maman. Cette dernière, venue spécialement pour soutenir sa fille s’évanouit sous l’effet de la joie. Arrivée à l’hôpital, elle succombe à un arrêt cardiaque. Dévastée par la perte de l’être qui lui est le plus cher, la combattante essuie ses larmes, enterre sa tristesse au fin fond de son esprit, et poursuit son parcours jusqu’en finale et remporte l’or. Rien ne peut arrêter Khadija El Mardi.

Statut de championne
Depuis, la boxeuse enchaîne les belles performances. notamment en 2019 où elle rafle la médaille d’or lors des Jeux africains organisés à Rabat, puis la médaille de bronze lors du championnat du monde à Oulan-Oude en Russie. En 2022, elle se rapproche un peu plus de l’or, en arrivant jusqu’en finale du championnat du monde à Istanbul -une première pour une boxeuse marocaine- avant de s’incliner face à la Turque Demir Sennur, puis s’adjuge une seconde médaille d’or africaine à Maputo au Mozambique.

Le statut de championne du monde enfin obtenu en 2023 à New Delhi, la pugiliste vise maintenant le Graal : une médaille olympique, et pourquoi pas en or. Un rêve avorté à deux reprises: la première avant les JO de Rio en 2016 pour non-conformité avec le poids exigé, la deuxième avant les JO de Tokyo en 2021 à cause d’un accouchement par césarienne à moins de deux mois de la compétition. Pour les prochains JO prévus du 26 juillet au 11 août 2024 à Paris, Khadija El Mardi sera appelée encore une fois à faire parler son mental de fer et son talent, pour permettre à la boxe marocaine de retrouver le podium olympique pour la première fois depuis la médaille de bronze de Mohamed Rabii dans la catégorie 69kg en 2016.

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