La CAN, un événement continental, très attendu par “Nous Africains”

L'inacceptable racisme dans le football

Il y a partout des racistes, ils ont existé par le passé et ils existeront toujours, des Maghrébins xénophobes, des Sub-sahariens chauvins, des Occidentaux racistes également. C’est la bêtise humaine la plus partagée parmi nous.


Parlons encore un peu football et de l’euphorie démesurée des supporters. Tous les regards sont tournés pour l’instant vers la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qui est dans ses phases décisives. Pour les amateurs, comme pour les férus du ballon rond, c’est l’occasion de regarder les matchs ensemble, de chanter en choeur l’hymne de son pays, de conspuer l’adversaire et d’insulter l’arbitre toujours trop sévère avec les nôtres ou trop « mou » envers les autres. L’ambiance électrique exige l’antagonisme « nous » et les « autres ». Tout cela fait partie du jeu et du spectacle footballistique.

Rien de méchant en soi. Cela part d’un très bon sentiment bien évidement. En revanche, un nationalisme guerrier, un chauvinisme zélé et un désir irrationnel s’en est dégagé chez certains médias, internautes, responsables politiques et acteurs sportifs surtout du pays voisin. Les Fennecs éliminés par un autre pays maghrébin la Mauritanie sortent de la petite porte. Un résultat historique pour les Almoravides. Cet événement continental, très attendu par « Nous Africains », a d’autres lapins dans son chapeau, et nous réserve encore son lot de surprises. Il suffit juste de suivre les rebondissements des 90 minutes des rencontres précédentes et les belles prestations du Cap Vert, du Mozambique ou de la Guinée équatoriale. Les Marocain-e-s attendent beaucoup de notre sélection. Ils mettent une « pression de fou » sur elle.

Ce n’est pas la peine de répéter ce que l’on a dit la semaine dernière, cela se joue sur la pelouse, cher-e-s ami-e-s. La réponse footballistique devrait être au rendez- vous. Nous rêvons toutes et tous d’écraser le Ghana ou l’Egypte et de mettre beaucoup de buts aux filets. Cela ne justifie sous aucun prétexte les gestes non sportifs et les propos déplacés des acteurs sur la pelouse ou dans les gradins ou derrière les écrans. Ce n’est qu’un match de football. J’aimerai bien juste revenir sur l’échange électrique entre Regragui et Mbemba. Sur la fin du match Congo/Maroc ternie par une prise de bec et des joueurs à deux doigts d’en venir aux mains.

Une scène qui est devenue virale quelques minutes après la fin de la rencontre. Sur les réseaux, les images accompagnées de « l’inacceptable » ont bien circulé. Certain-e-s « afficionados » marocains et congolais ont répandu leur haine «crasse» sur les comptes instagram des protagonistes de ce triste incident. D’autres chauvins à l’appui des deux camps se sont ajoutés au lot des écervelés. Les récupérateurs de tous bords entrent dans l’arène. Des propos racistes qui en disent long sur leurs autrices et auteurs. Des têtes à claques avides de cliques pour leurs comptes de pacotille.

Tout ce « beau » monde y est allé à fond la caisse, sans crier gare, et sans se retenir ou se poser des questions sur les injures xénophobes proférés de part et d’autre. De quoi perdre encore espoir sur le QI de nos semblables surtout chez nos amis «footeux». Ce n’est qu’un autre baromètre de la stupidité active ambiante de notre époque. Il y a partout des racistes, ils ont existé par le passé et ils existeront toujours, des Maghrébins xénophobes, des Sub-sahariens chauvins, des Occidentaux racistes également. C’est la bêtise humaine la plus partagée parmi nous. On dit que le football réveille les instincts primitifs.

Oui, c’est vrai. Nous avons l’impression que joueurs et spectateurs ou supporters régressent d’un cran. Ce match n’a fait que révéler encore le fondement proprement antisportif de la politisation du football. Sans parler de l’excès de zèle des créateurs de contenu et « influenceur-e-s », disons-le au passage celle ou celui qui nous donne une définition qui tient bien la route aura un cadeau, qui « pullulent » sur les réseaux sociaux et certains médias qui font leurs choux gras de ce genre d’incident « banal » dans l’univers « foot ». Que l’on ne confond pas, s’il vous plaît ce mot « banal », cela ne veut absolument pas dire ni « excuser » ni « accuser ».

Cette CAN devrait être une véritable communion, et un lieu fédérateur des peuples africains dans le respect, la fraternité et l’amitié. Nous avons les mêmes défis et un avenir commun à défendre. Nous sommes toutes et tous égaux. Il faut condamner publiquement toute sorte d’insulte, d’attaque ou de mépris visant la couleur, la culture, la religion ou l’origine sociale. Certes, le football a le pouvoir de rassembler mais il peut également réveiller les stéréotypes sur les attributs physiques des joueurs pour les discriminer. Enfin, certain-e-s nous poussent à être essentialistes cher-e-s lectrices et lecteurs, il faut surtout en résister.

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