L'importation de bovins brésiliens au Maroc : Controverse suite à un rodéo citadin


La débandade des bovins dans les rues de Rabat ravive les préoccupations des citoyens quant à l’importation de bovins brésiliens.

C’est l’une des scènes les plus inattendues. Si les réseaux sociaux regorgent, depuis plusieurs semaines des critiques sur les bovins importés du Brésil et les conditions de leur accueil, suscitant une myriade de réactions, d’inquiétudes et d’incompréhensions… C’est la scène de deux bovins circulant dans les rues de Rabat, mardi 11 avril 2023, qui a plus marqué les citoyens.

C’est une scène digne d’un western urbain, où deux bovins brésiliens en cavale ont provoqué la stupéfaction des Rbatis et semé un vent de panique dans la jungle de béton de la capitale administrative, connue par son calme. Les deux bovidés, échappés des abattoirs communaux du quartier Akkari, ont ainsi offert un spectacle insolite et inattendu, avant d’être finalement maîtrisés et reconduits pour l’abattage.

Cette rocambolesque épopée met en lumière les préoccupations grandissantes des citoyens quant à l’importation de bovins brésiliens au Maroc. La controverse, en effet, porte principalement sur la qualité et le prix de ces animaux, ainsi que sur les craintes pour la sécurité des consommateurs, compte tenu des discussions relatives à l’interdiction de leur importation dans plusieurs pays en raison de la maladie de la vache folle.


Le gouvernement rassure
Face à ces critiques, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Mohamed Sadiki, a toutefois tenu à rappeler, le mercredi 5 avril 2023, que les bovins importés du Brésil vers le Maroc sont issus de la race «Nélore», l’une des meilleures races bovines au monde. Il a également souligné que l’importation de ces animaux vise principalement à assurer un approvisionnement normal du marché national et la stabilité des prix des viandes rouges pour les consommateurs.

Le ministre a également précisé que la préservation de la stabilité des prix des viandes rouges nécessite la protection du bétail national destiné à l’abattage, à travers le recours à l’importation. Concernant la qualité des bovins importés, il a affirmé qu’ils ont été sou mis à un processus de contrôle rigoureux imposé par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Il a ajouté que cette race présente une haute qualité et dispose d’excellentes caractéristiques.

Ainsi, bien que le ministre tente d’apaiser les craintes des citoyens en mettant en avant la qualité des bovins brésiliens importés et les contrôles effectués par l’ONSSA, l’incident survenu à Rabat ne manquera pas d’alimenter le débat sur l’importation de ces animaux et les préoccupations qui en découlent.

Malgré les assurances du ministre, qui soutient que tous les bovins importés sont soumis à des examens en laboratoire afin d’en garantir la sécurité, y compris ceux provenant du Brésil, les professionnels du secteur confirment que ces bovins ne seront pas largement commercialisés en raison de problèmes de qualité et de la réticence des Marocains à les acheter. A Rabat, les professionnels ont même refusé de les commercialiser par peur de la réaction des citoyens.

Face à ces interrogations légitimes, il est primordial que les autorités marocaines intensifient leurs efforts pour rassurer la population et garantir la traçabilité et la sécurité de ces produits, tout en favorisant, dans la mesure du possible, la production locale et le développement d’une filière bovine nationale compétitive et durable.

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