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L'import substitution ne fait pas que des heureux

Un projet sur deux est refusé

Le département du commerce et de l’industrie a lancé il y a quatre jours un projet d’accompagnement dit «Tatwir Startup». Objectif: accompagner les entrepreneurs dans toutes les étapes de leurs projets, mais aussi de réparer les projets en pré-incubation avant leur présentation.

Lors d’une rencontre organisée, mercredi 17 février 2021, par la CGEM, Moulay Hafid Elalamy a révélé que les projets entrant dans la politique d’import substitution validés jusque-là, dont certains sont déjà opérationnels, permettent déjà de couvrir 20,4 milliards de dirhams d’importations, soit 60% de l’objectif fixé en septembre dernier. Et vont même atteindre un chiffre de 14 milliards de dirhams à l’export contre un objectif initial d’au moins 17 milliards de dirhams. Soit, dit-il, un taux de réussite exceptionnel.

Signalons qu’en en septembre dernier, lors du lancement de cette banque de projets, le ministre visait un objectif de substitution de 34 milliards de dirhams d’importations. Ce qui pousse le ministre à dire que le premier objectif des 34 milliards de substitution sera atteint dans les prochaines semaines. Et un nouvel objectif, avec de nouveaux projets, sera lancé pour atteindre un nouveau stade dans cette politique d’encouragement de la production nationale et de limitation des importations.

Mais l’histoire de cette banque de projets n’est pas toute rose. Puisque le ministre a révélé que tous les dossiers présentés ne passent pas forcément. Selon lui, sur 480 dossiers étudiés, 200 ont été validés par la «war room» qui statue sur les dossiers d’investissements.

L’acte d’investir
Un taux de rejet qui a fait réagir certains intervenants de la rencontre qui ont interrogé le ministre sur les raisons de ces refus, et si finalement ces projets n’étaient destinés qu’à des acteurs qui ont pignon sur rue. Ce qui suscita la réponse du ministre qui n’a pas manqué de préciser que son département n’accepte que des projets qui ont un sens. Et d’ajouter «si vous vous présentez avec un faux projet, je ne peux pas vous accompagner, ce serait un crime».

Certains intervenants se sont dit choqués par ces propos. Ce que le ministre assume. Pour répondre justement à ce souci de présentation de dossier «non bancables», le ministre a déclaré que son département a lancé il y a 48 heures un projet d’accompagnement dit Tatwir Startup. «Ce projet est né pour accompagner les entrepreneurs dans toutes les étapes de leurs projets, mais aussi de réparer les projets en pré-incubation avant leur présentation », explique-t-il.

Présent à la même rencontre, le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun rejoint son collègue à l’Industrie dans son raisonnement. L’argentier du Royaume souligne par ailleurs que la liberté totale d’entreprendre s’arrête «quand on demande l’accompagnement de l’Etat ou un soutien des finances publiques». Et la politique d’import substitution, via son outil de la banque de projets, sollicite énormément le soutien et les finances publiques, il faut le dire.

En plus de l’accompagnement, les investisseurs qui s’inscrivent dans cette démarche bénéficient d’un arsenal de mesures de soutien, de subventions et d’aides en ayant recours à l’ensemble des programmes mis en place par l’Etat. Soit autant d’avantages que les investisseurs potentiels doivent prendre en compte.