L’IMPORT-EXPORT ACCUSE TOUJOURS LE COUP

INDICATEURS DE L’OFFICE DES CHANGES


Hassan Boulaknadal.

Aussi bien les exportations que, surtout, les importations continuent d’être impactées par la Covid-19, à en croire les derniers indicateurs des échanges extérieurs de l’Office des changes.

Les publications de l’Office des changes (OC) se suivent et se ressemblent. Pour la énième fois consécutive, l’institution dirigée par Hassan Boulaknadal a déploré, dans les indicateurs des échanges extérieurs qu’elle met mensuellement en ligne sur son site, la chute des exportations, qui s’est établie à -17% en glissement annuel (représentant une valeur de 140 milliards de dirhams (MMDH)).

Certes, les importations se sont encore plus fortement contractées, à 17,5%, ce qui permet à la balance commerciale de poursuivre sur le trend baissier qui est le sien depuis plusieurs mois et, plus précisément, la proclamation de la pandémie de Covid-19. Mais il faut aussi prendre en compte le fait que le pétrole ne s’est jamais aussi peu chèrement vendu, en arrivant même à son plus bas historique (-38,94 dollars le baril) le 20 avril 2020 à New York. Ce que ne manque d’ailleurs pas de souligner l’OC, qui a signalé que la facture énergétique avait reculé de 31,6%, pour constituer seulement 30,927 MMDH, contre 45,221 MMDH à fin juillet 2019.

Ralentissement de l’activité économique
Du reste, ce sont les extractions minières autres que le phosphate et ses dérivés (-31,2%), le textile et cuir (-29,5%), l’automobile (-28,7%) et l’aéronautique (-21,2%) qui ont le plus accusé le coup, et d’ailleurs ces trois derniers avaient, aux côtés également de l’électronique et de l’électricité (-5,6%), été nommément mentionnés par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, comme les plus atteints en termes d’export au cours de l’intervention qu’il avait faite le 19 mai à la Chambre des conseillers. L’agriculture et l’agroalimentaire, le phosphate et ses dérivés et les autres industries ont, pour leur part, respectivement perdu 4,7%, 4,2% et 18,9% de la valeur de leurs exportations. Côté importation, l’OC a mis en évidence le fait qu’en dehors des produits alimentaires (+6,598 MMDH), tous les groupes de produits avaient été concernés: produits finis de consommation (-16.369 MDH), produits énergétiques (-14,294 MMDH), biens d’équipement (-13,876 MMDH), demi produits (-10,346 MMDH) et produits bruts (-2,442 MMDH).

Bien évidemment, le ralentissement de l’activité économique, qui à en croire le projet de loi des finances rectificative (PLFR) adopté le 20 juillet par le parlement devrait au minimum atteindre 5% (voire 7% selon M. Benchaâboun, toujours lors de son intervention du 19 mai sous la coupole de l’institution législative), explique sans doute largement cela, dans la mesure où la demande n’a pu qu’être fortement impactée. Cela peut, surtout, constituer une fenêtre d’opportunité pour les décideurs, qui avaient fait part le 9 juin par la voix du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, de passage à la Chambre des représentants, de leur volonté de basculer à l’avenir vers une politique plus soutenue d’import-substitution (lire Maroc Hebdo au quotidien n° 47).