Quel impact sur les islamistes aux prochaines élections législatives ?

Le syndicat du PJD grand perdant des élections professionnelles

La défaite du syndicat du PJD, l’Union nationale des travailleurs marocains, aux dernières élections professionnelles, ouvre la voie aux pronostics les plus fous quant à l’échec probable du parti aux prochaines élections législatives.

Beaucoup ne donnent pas le PJD vainqueur des prochaines élections législatives et communales. L’appréciation ne vient pas, à proprement parler, des résultats d’un sondage réalisé auprès des Marocains, car, au Maroc, on n’a pas encore développé cette culture de sondages politiques comme en France, mais des réseaux sociaux où les voix s’élèvent pour appeler à ne pas voter PJD. D’autres, qui comptent des leaders politiques, versent dans le même sens en souhaitant que le PJD ne puisse pas remporter un troisième mandat.

Mais voilà que des chiffres qui se rapportent aux résultats des dernières élections professionnelles apportent la preuve tangible que le PJD est au creux de la vague dans les intentions de vote. Selon le dernier scrutin syndical qui s’est déroulé entre le 10 et le 20 juin 2021, le PJD, à travers son syndicat, l’Union nationale des travailleurs marocains, n’a récolté que 5,63%. Un score dérisoire qui l’exclut d’office des négociations avec le gouvernement dans le cadre du dialogue social.

Acharnement sécuritaire
Car, pour participer à ce dialogue, il faut obtenir un minimum de 6% des voix. Au-delà des résultats de ce scrutin, qui a connu la montée en puissance de l’UGTM, syndicat de l’Istiqlal, avec 12,56% des voix, c’est la défaite du PJD qui en est le plus grand enseignement. Une analyse plus poussée des résultats montre que dans le secteur de l’enseignement, le PJD a subi une énorme sanction électorale en obtenant seulement 27 sièges alors qu’il avait récolté 97 sièges pendant les élections précédentes. Une sanction qui pourrait sembler normale et logique vu le bras-de-fer ouvert par le gouvernement avec les enseignants contractuels, créant l’une des crises les plus terribles dans le secteur éducatif.

Cette crise n’a pas été qu’administrative avec les doléances des enseignants qui demandent leur réintégration à la fonction publique, mais elle a été également sécuritaire puisque beaucoup d’enseignants qui manifestaient dans la rue ont subi des violences policières impardonnables. Cette double crise a provoqué une énorme colère chez les Marocains qui ne comprennent pas cet acharnement sur un corps qui participe à l’éducation de nos enfants.

Outre leur mauvaise gestion des affaires publiques, leur amateurisme dans certains dossiers et leur échec à combattre la corruption, les islamistes du PJD sont plus que jamais au plus bas dans les sondages d’opinion. A cela s’ajoutent les scandales éthiques et sexuels qui ont considérablement terni leur image d’hommes intègres et propres qui font de de la religion islamique leur référentiel idéologique. Le moins que l’on puisse dire est que le PJD a beaucoup perdu du terrain et semble mal parti pour remporter les prochaines élections.