Impact de la guerre en Ukraine : Le Maroc s'en est mieux sorti politiquement qu’économiquement, d'après International Crisis Group

Les répercussions de la guerre en Ukraine sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont bien réelles mais diffèrent d’un pays à un autre. Le think tank américain International Crisis Group (ICG) a publié, le 14 avril 2022, un rapport dans lequel il analyse l’impact de l’invasion russe de l’Ukraine, décidée le 24 février par Vladimir Poutine.

Concernant le Maroc, ICG souligne qu’il est moins touché par la crise céréalière que les autres pays de la région, car il n’importe que 20 à 30% de son blé de la Russie et de l’Ukraine. Cependant, le Royaume reste vulnérable aux chocs de prix, car il achète 40% du blé que sa population consomme à l’étranger et a récemment enregistré une sécheresse sans précédent qui a sévèrement réduit la production nationale. Comme contre-mesure, le gouvernement a triplé son budget pour les subventions à la farine. En outre, face à la hausse des prix des carburants, les autorités ont promis d’apporter un soutien financier au secteur des transports.

L’augmentation des dépenses de subventions est susceptible de creuser le déficit budgétaire pour 2022. Bien que le gouvernement n’ait pas encore précisé comment il prévoit de financer ces dépenses supplémentaires, le Maroc pourrait devoir se tourner vers le FMI ou planifier une nouvelle émission d’obligations pour combler le fossé, avise le think tank. La dette extérieure est susceptible d’augmenter, bien que le Maroc dispose d’une certaine marge de manœuvre budgétaire par rapport à l’Égypte ou à la Tunisie, par exemple.

Sur un plan diplomatique, le Maroc est restée neutre vis-à-vis du conflit ukrainien, évitant de le qualifier d’invasion dans les déclarations publiques. Rabat, explique Crisis, semble également préoccupée par le fait que la prise de position publique contre Moscou pourrait nuire à sa politique au Sahara. Rabat cherche à éviter une brouille diplomatique avec ses partenaires occidentaux. Aussi, elle ne veut pas nuire à ses relations avec la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU disposant d’un droit de veto qui joue un rôle clé dans ce conflit. Ces dernières années, Moscou s’est régulièrement abstenue sur les résolutions liées à cette question. La gestion diplomatique habile de Rabat dans ses relations avec la Russie et l’Occident signifie qu’il est peu probable que la guerre en Ukraine ait un impact immédiat sur le différend sur le Sahara occidental.