"L’immigration arabo méditerranéenne au Canada. Entre la fiction et le réel" de Fayrouz Fawzi


Le sujet immigrant comme mode d’articulation entre la matière littéraire et la représentation du monde social.

L’ouvrage de Fayrouz Fawzi est le fruit de plusieurs années de réflexion sur le sujet de l’immigration arabo-méditerranéenne au Canada. Il met en lumière la complexité des questions posées par l’intégration, la quête identitaire évoquant la violence symbolique des discours d’infériorisation, de stigmatisation et de disqualification collective qui touchent les immigrés arabo- méditerranéens et leurs descendants au Québec.

« Il nous semblé déterminant de mener une réflexion sur le sujet immigrant comme mode d’articulation entre la matière littéraire et la représentation du monde social », nous dit l’auteure. C’est ainsi qu’elle a choisi six écrivains arabo- méditerranéens issus de l’immigration qui racontent la réalité et l’imaginaire d’un pays. Ces écrivains ne sont autres que la libanaise Abla Farhoud, la québéquoise d’origine égyptienne Andrée Dahan, le marocain Majid Bilal, la romancière québécoise d’origine égyptienne Mona- Latif Ghattas, la journaliste et auteure installée au Canada Rachida M’Fadel et l’auteure québécoise originaire d’Algérie Nadia Ghanem.

Des écrivains qui ont cherché à sensibiliser le lecteur à des réalités sociales en véhiculant implicitement des messages à travers le traitement littéraire des personnages immigrés. « Ils dressent des passerelles entre le passé et le présent », nous dit Fayrouz Fawzi. Les récits choisis par l’auteure retracent l’expérience migrante des personnages féminins et masculins porteurs d’une quête d’identité entre l’ici et l’ailleurs.

Ils relatent leur propre expérience de l’immigration dans une description désignant de fortes disparités sociales et économiques entre les deux sexes L’écrivain migrant, tout comme les personnages qu’il invente, se construit grâce aux différents mouvements et déplacements qu’il effectue. « Par moments, il pleure la déchirure et il dénonce la violence du milieu d’origine et le rejet du milieu d’accueil ». Aussi, le personnage immigrant reste déchiré entre deux réalités qui ne peuvent pas se croiser, d’où les paradoxes d’El Ghorba : « être assez souvent absent de l’ici et au maintenant et intensément présent à l’ailleurs et au passé qui nous colle au dos », dit-elle.

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