Imane Kendili: "Les jeux vidéo influent sur le comportement des enfants et adolescents"

Trois questions à Dr. Imane Kendili, Psychiatre-addictologue.

Un enfant est tombé en dépression avant de rendre l’âme à Kénitra à cause d’un jeu vidéo. Quel est l’impact de ce divertissement dans la santé mentale de cette catégorie d’utilisateurs?
Les jeux vidéo, particulièrement les jeux en-ligne, sont très dangereux et influent sur le comportement des enfants et adolescents. Ce sont des jeux violents et le fait de consommer beaucoup d’écran va donner une dose de sérotonine qui provoque des troubles du sommeil, de l’anxiété, des irritabilités, les agressions, dépressions, les troubles du comportement alimentaire, et surtout les passages à l’acte. Ce phénomène n’est pas nouveau. Tous les jours, on voit des adolescents de 13-14 ans qui cassent tout à la maison ou agressent leurs parents, frères ou soeurs, parce qu’ils ne sont pas bien connectés en ligne à leur jeu. Quand la frontière entre le réel et le virtuel s’estompe ou est absente, le passage à l’acte devient facile.

Avez-vous reçu, en consultation, des adolescents qui en sont victimes?
On en reçoit depuis plusieurs années, mais c’était très rare. Maintenant, le nombre de cas a considérablement augmenté depuis le confinement et l’enseignement à distance, qui ont poussé plusieurs élèves à s’habituer aux écrans, ce qui développe notamment des troubles du sommeil et la déperdition scolaire. Nous recevons en consultation des parents désemparés, il existe également la prise en charge des abus dans des groupes thérapeutiques avec des psychologues et des prises en charge en cas de troubles du comportement sévères ou des dépressions graves.

Vous êtes l’auteure de l’ouvrage «Les Drogue expliquées à mes enfants». Peuton considérer l’addiction aux jeux vidéo comme une drogue?
Tout à fait. Les jeux vidéo, notamment les jeux d’argent, peuvent être considérés comme une drogue. Des études scientifiques ont révélé que le cerveau s’allume exactement de la même manière lors d’une consommation de cocaine que pour les jeux d’argent, caractérisés par un système de récompense, la libération de la dopamine et du plaisir immédiat, et un rythme de dépendance.

Dans cet ouvrage publié avant le confinement, je disais que les jeux vidéo sont la future addiction dont il faut avoir peur. Je travaille actuellement sur un autre livre, avec un journaliste-sociologue, sur les conséquences sociales, comportementales et médicales des écrans en général, notamment les jeux vidéo et les réseaux sociaux.

Quel doit être le rôle des parents pour éviter le pire?
Ils doivent veiller au maintien des rituels de vie commune. Un parent ne peut pas demander à un enfant de dessiner tout en restant scotché à son téléphone à table. Les parents doivent montrer l’exemple. L’adolescent a aussi besoin d’une activité sportive, intellectuelle, ou culturelle et des interactions sociales.

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