LES IMAMS ET PRÉPOSÉS RELIGIEUX DÉNONCENT LA “HOGRA” DES CONSEILS DES OULÉMAS

“NOUS NE DEMANDONS PAS L’AUMÔNE ’’

Au début de la pandémie, personne n’a pensé à cette catégorie de fonctionnaires relevant du ministère des Affaires islamiques et des Habous. Où êtes-vous donc, M. Toufiq? Comment avez-vous admis qu’une catégorie, qui représente un des piliers sur lequel s’appuie le fonctionnement de votre département, soit humiliée de la sorte?

Il est rare d’entendre leurs voix en dehors de leurs prédications, leurs prêches ou leurs appels à la prière. Mais cette fois, leur ras-lebol est indescriptible. Les imams et préposés religieux sortent de leur silence et montent au créneau pour dénoncer avec véhémence leur rejet catégorique de l’appel et de la recommandation de certains conseil des oulémas à la canalisation des aumônes des citoyens vers cette catégorie de fonctionnaires.

«Nous sommes fiers de notre profession et de notre mission dans les mosquées et nous refusons le dénigrement de notre rôle et de notre don de soi. Nous sommes un secteur productif qui a une influence positive sur le domaine éducatif, éducationnel et social, qui a la responsabilité de la sécurité spirituelle et des constances religieuses et patriotiques, en plus de la veille sur le bon déroulement de la pratique religieuse dans les “maisons d’Allah”. L’appel à la mendicité venant d’une source officielle vise à véhiculer une image de nous comme quoi nous sommes des personnes inaptes et désoeuvrées. Cette recommandation de certains conseils des oulémas piétine notre dignité», s’indigne dans un communiqué en date du 19 mai 2020, le collectif des Imams haut diplômés connu sous l’appellation Espace des Imams diplômés d’études supérieures.

Ce qui importune le plus ces imams, c’est que cet appel rappelle une coutume très ancienne du nom de “Chart”, qui signifie que les habitants du douar ou de la tribu cotisaient pour l’imam et le préposé religieux de la mosquée ou même le fkih qui enseignait à leurs enfants le Coran. Il est consternant en vérité de vouloir ressusciter cette tradition d’une époque révolue dans un Maroc moderne, un Maroc des institutions, un Etat de droit où l’arsenal juridique a été étoffé et a chassé le gros des us et coutumes qui régnaient jadis.

Au début de la pandémie, personne n’a pensé à cette catégorie de fonctionnaires relevant du ministère des Habous et des Affaires islamiques. Où êtes-vous donc M. Toufiq? N’êtes-vous pas concerné par ce problème? Comment avez-vous admis qu’une catégorie, qui représente un des piliers sur lequel s’appuie le fonctionnement de votre département, soit humiliée de la sorte? Et pourtant, ce ministère compte parmi les plus riches en termes de budget et en termes de recettes (habous et wakf).

Et à supposer que ce département n’ai plus les moyens pour leur payer leurs salaires, il aurait pu défendre leurs dossiers auprès du Comité de veille économique dédié à la gestion des répercussions du Covid-19 sur les particuliers et les entreprises.


2 commentaires

  • Belhajilali

    21 Mai 2020

    N'était-il pas plus judicieux d'exposer clairement cet"appel à la mendicité" dont semblent se plaindre les imams?De quoi s'agit-il au fait?

  • Farid

    21 Mai 2020

    Ils ont qu'à travailler comme tout le monde. Diriger la prière, ne fait pas d'eux des fonctionnaires..! Ce n'est pas une fonction et encore moins un gagné pain !

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