Ileana Santos: "L'avenir de l'Europe dépend de l'Afrique"

Fondée par des membres de la diaspora africaine basée en France, “Je m’engage pour l’Afrique” veut permettre aux initiatives des jeunes du continent de gagner en visibilité.

Je m’engage pour l’Afrique se veut «le premier incubateur de politiques publiques à destination de tous les afro-optimistes». Pouvez-vous nous en dire plus sur votre association et ce qui a motivé sa mise en place?
Encore aujourd’hui, l’Afrique, ses ressortissants, ses locaux, ses intéressés dans toute leur énergie créative, sont souvent “invisibilisés” au sein du débat public. Tous les jours, des initiatives font bouger les lignes.

De Lomé à Casablanca, de Paris à Kigali, elles sont la preuve d’un engagement citoyen qui cherche à s’épanouir dans l’espace public. Elles ont été construites avec l’intention de bâtir un futur souhaitable pour les communautés où elles agissent. En face, les pouvoirs publics européens ne cessent de réaffirmer leur volonté de travailler avec les diasporas et la jeunesse africaine, pierre angulaire des nouvelles relations de confiance apaisées entre les deux continents.

Mais les initiatives portées par des jeunes peinent à gagner en visibilité.C’est en ce sens que nous avons créé JMA, premier incubateur de politiques publiques des jeunes afro-optimistes. Nous accompagnons des jeunes experts à formuler des recommandations de politiques publiques sur un large panel de sujets et à confronter leurs idées auprès des décideurs du monde économique et politique. L’objectif est de créer un véritable espace pour que les jeunesses puissent s’exprimer et penser l’avenir du continent africain et ses relations avec l’Europe.

Justement, l’avenir de l’Afrique se doit-il nécessairement encore de passer par autrui et en l’occurrence sa voisine du nord?
L’impact positif sur les communautés locales doit être au coeur de nos décisions. L’Afrique doit construire son développement de manière pragmatique. Nous avons les ressources nécessaires pour tendre vers notre autonomie et développer des relations gagnants-gagnants avec nos partenaires internationaux. Par exemple, je vois dans la zone de libreéchange africaine une avancée majeure qui va permettre, notamment, le développement des échanges intra-africains (aujourd’hui à 16% seulement).

Par ailleurs, de par mon histoire personnelle, celle d’une Togolaise venue étudier en France, je plaide, d’une part, avec force pour casser la dynamique France-Afrique. Je plaide avec la même énergie pour le renforcement des relations entre nos deux continents. Ne l’oublions pas, l’avenir de l’Europe est bien plus dépendant de l’Afrique que le contraire!

Que faites-vous exactement sur le terrain?
En trois mois, JMA a échangé avec plus de 200 acteurs afro-optimistes d’Afrique et d’Europe. Nous avons publié trois notes de politiques publiques et une dizaine de papiers sont en cours de finalisation. Dès le mois de mai 2021, nous allons inciter les jeunesses africaines à se saisir du sujet du financement de nos économies et à prendre part au débat public. Notre action n’aura de l’impact que si nous développons un maillage local.

Alors, si vous êtes afro-optimistes comme nous, que vous vous croyez à l’urgence de construire des futurs souhaitables entre nos deux continents, venez nous aider à accompagner des porteurs de projets sur du branding et du storytelling, venez rédiger des notes de politiques publiques et faire entendre votre voix, devenez les ambassadeurs de cette aventure collective dans vos villes!.

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